Ce ranch hawaïen de 22.500 hectares ne trouve pas preneur et ce n'est pas que à cause du prix

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Cela fait plus de 4 mois qu’il est sur le marché et toujours aucun acheteur à l’horizon. On aurait pourtant pu penser que le ranch Molokai allait susciter l’enthousiasme. Sur le papier, il a, en effet, tout pour plaire.

Le ranch est situé sur l’île de Molokai, la cinquième plus grande de l’archipel d’Hawaï. Plages de sable blanc, végétation luxuriante et falaises de basalte. Grand de 22.500 hectares, soit 35% de l’île, il comprend notamment deux hôtels, un golf, des terrains vacants, des terres agricoles, du bétail … Le tout est vendu par Sotheby’s International Realty pour 260 millions de dollars soit 214 millions d’euros.

Si le prix en lui-même peut paraitre dissuasif, ramené à l’hectare il est de 11.500 dollars, ce qui semble déjà plus raisonnable (pour information, en France en 2016, le prix moyen d’un hectare de terre et pré libre était de 6.030 euros). Ce n’est donc pas l’explication au manque d’entrain des acheteurs.

Des habitants qui défendent leur île

En fait, il semblerait que les investisseurs potentiels soient plutôt échaudés par les habitants de l’île. Ils ont beau être peu nombreux, environs 7.000 personnes, ils sont très actifs quand il est question de la défense de leur île. Dans un article de Bloomberg, Alan Arakawa, maire de la ville et du comté de Maui dont dépend l’île de Molokai, explique que les habitants de Molokai n’aiment pas être intimidés et qu’on leur dise quoi faire. Ils veulent préserver leur style de vie.

Les habitants refusent tout bonnement le surdéveloppement touristique de leur île et la privatisation des plages. Le propriétaire actuel, la société d’investissements GL, en a fait les frais puisqu’elle dû fermer le ranch il y a une dizaine d’années, après une série « d’incidents » comme une maison brûlée, des canalisations détruites, des permis de construction bloqués, … Les hôtels sont dorénavant à l’abandon.

Les habitants de l’île veulent tout de même rassurer le potentiel futur acheteur. « Il n’y a pas une opposition systématique », affirme Alan Arakawa qui souligne qu’avant d’être fermés les hôtels étaient rentables. Ce qui demande la communauté c’est que le futur propriétaire respecte les habitants, leur mode de vie et leur donne des contreparties (emplois, développement d’infrastructures, …). Ils aimeraient un homme d’affaires qui soit également respectueux de la nature. 

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