Comment les abribus vont rendre votre connexion internet plus efficace

Mots-clefs : , , , , , ,

JCDecaux et Huawei viennent d’annoncer leur coopération dans le déploiement de small cells, autrement dit de micro-relais. L’afficheur avait déjà signé un accord analogue avec Alcatel-Lucent en septembre dernier et ne s’interdit pas d’en signer un autre avec un autre constructeur télécom. L’idée est simple : utiliser le mobilier urbain pour implanter dans la ville des relais de haute technologie. Ces relais devraient permettre d’améliorer la réception du signal pour les téléphones et autres appareils mobiles.

« Les sites accueillant des macro-cellules et antennes-relais traditionnelles affirme un communiqué de JCDecaux, ne sont plus adaptées pour faire face aux volumes croissants de données en raison d’une pénétration insuffisante du signal. En comparaison, les small cells peuvent améliorer la couverture réseau et offrir des capacités supplémentaires, directement là où les besoins sont les plus prégnants, le tout à moindre coût et avec un processus de déploiement simplifié. Le développement de la communication mobile passe donc par les small cells dont le déploiement était jusqu’ici freiné par la rareté des sites adaptés à leur installation. » 

JCDecaux se targue ainsi d’ajouter une nouvelle gamme de service à sa fourniture de mobilier urbain : il espère devenir le premier acteur mondial du déploiement de réseaux de micro-relais. Ce réseaux permettra ensuite aux opérateurs d’acheminer du haut débit auprès des utilisateurs d’appareils mobiles, en Wifi, 4G, voire 5G quand le moment sera venu. Pour implanter ce matériel, il lui faudra obtenir l’accord de collectivités concernées et avoir une demande d’un opérateur télécom. C’est ce dernier qui décidera s’il veut du Wifi ou de la 4G.

 La France, championne du Wifi

La France est sans doute un terrain de jeu idéal. C’est en effet dans l’Hexagone, selon une étude d’iPass, que le nombre de bornes Wifi publiques par habitant est le plus élevé, devant les Etats-Unis et la Grande Bretagne. « Ce n’est pas si étonnant, estime Pierre Vacher, responsable Europe de iPass, la France est pionnière dans le numérique. Nous avons toujours eu l’habitude d’être connecté avant les autres. Ça a commencé avec le Minitel, puis avec le triple play et ça continue. La France est l’un des pays les plus avancés en termes d’offre, de débit et de prix. »

Concrètement, la France dispose de plusieurs réseaux distincts : communautaire, public et dans les moyens de transports. « Le réseau communautaire est alimenté par les box, explique Pierre Vacher. Si on est abonné à une box d’une certaine marque, on a accès à toutes les autres box de la même marque. Techniquement, la box émet deux signaux. Un signal pour son propriétaire, qu’il est seul à pouvoir capter, et un autre, limité à 1 mégabit par seconde, pour la communauté. Bien des utilisateurs l’ignorent, mais ils peuvent se connecter facilement à une autre box que la leur… » Résultat, la France, d’après iPass dispose du plus grand réseau du monde. Mais, pour l’instant, il n’utilise pas la solution de JCDecaux. La ville de Paris, par exemple, n’a pas encore tranché sur la présence de micro-relais dans les abribus dont elle est propriétaire.

Des panneaux publicitaires contestés

Pourtant, même si JCDecaux a obtenu le renouvellement de son contrat avec la ville de Paris à l’unanimité, il n’a pas que des partisans. D’abord, le voyageur est souvent déçu de découvrir qu’à plusieurs milliers de kilomètres de chez lui, il y a identité de mobilier urbain. Cette mondialisation conduit à installer la même esthétique citadine douteuse un peu partout sur Terre, que ce soit à Paris, Cologne, Los Angeles ou ailleurs. De son côté, le groupe des Déboulonneurs, dénonce régulièrement les excès des affichages publicitaires et note que les Abribus signés JCDecaux ne sont pas au format de la ville mais tous uniformément conçus en fonction de la taille des affiches de publicité.

Rien d’inéluctable pourtant : dans un certain nombre de villes des Etats-Unis, les abribus sont conçus de façon à prendre beaucoup moins de place sur les trottoirs : au lieu d’être de forme rectangulaire, ils ont une forme de parallélogramme, au lieu d’être à angle droit, deux des angles sont beaucoup plus ouverts, si bien qu’il y a une place suffisante pour le passage des piétons. JCDecaux cherche à devenir indispensable en installant ces micro-cells dans son mobilier, dans les abribus mais aussi dans les panneaux publicitaires dont il inonde les villes. De cette façon, il deviendra très difficile aux associations d’en obtenir : les accords signés avec des opérateurs rendront juridiquement délicate la démolition des panneaux publicitaires puisqu’ils serviront d’antennes relais.


Challenges.fr – Toute l’actualité de l’économie en temps réel

Partager cet article