Coup de feu près du Congrès US en plein shutdown : Obama appliquerait-il la stratégie du choc  aux USA ?

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Mais à quoi jouent les Etats-Unis, ou plutôt le gouvernement Obama ?
Alors que démocrates et républicains s’affrontent – au grand jour – sur fond de colossal déficit budgétaire et que l’Etat américain s’approche de plus en plus dangereusement d’un état totalitaire – justifié entre autre par l’attentat de Boston  – des coups de feu ont été entendus à proximité de l’un des bâtiments annexes du Parlement américain, dans le centre de Washington.
Obligeant policiers et militaires – non impactés par le « shutdown », eux – à boucler le Congrès. Lieu qui symbolise à l’heure actuelle le blocage financier et politique de l’Etat américain.
Selon la police, un policier a été blessé et transporté à l’hôpital, sans que de plus amples précisions ne soient fournies.

L’alerte a également provoqué un important déploiement de policiers armés dans le quartier du Capitole, sans que ne soit davantage connue l’origine des coups de feu. Symbole quand tu nous tiens : des médias américains ont laissé entendre que l’incident aurait débuté devant la Maison Blanche, puis aurait été suivie d’une course-poursuite qui se serait achevée à proximité du Capitole.

La résidence du président américain, située dans un autre quartier de Washington, a également été bouclée temporairement. « Le personnel de la Maison Blanche est en contact avec les forces de l’ordre et surveille la situation », a par ailleurs expliqué un responsable.

Si Juan Vargas, un représentant de Californie, mentionne des bruits produits par une voiture et non pas des coups de feu, les sénateurs Roger Wicker et Bernie Sanders ont indiqué pour leur part avoir entendu quatre à six coups de feu à proximité d’une annexe du Sénat.

Situation tout de même étrange alors que certains analystes s’interrogent sur les raisons et conséquences ultimes du shutdown provoqué par le blocage budgétaire, n’écartant pas une volonté d’Obama lui-même – voire même une certaine connivence entre les élus – l’objectif final pouvant être de mettre en œuvre une stratégie du choc permettant d’adopter une politique sociale et financière ultra-libérale, au détriment des couches les plus basses de la population. Nous y reviendrons très prochainement dans un article dédié.

Rappelons également qu’en avril dernier, nous redoutions que le NDAA (National Defense Authorization Act )  ne soit à l’attentat de Boston ce que le Patriot Act fût pour la catastrophe du 11 septembre.

Précisant alors que l’acte criminel qui a frappé le marathon de Boston endeuillait les Etats-Unis alors que le débat faisait rage  autour de la section 1021 de la loi de l’année fiscale 2012 du gouvernement fédéral américain, destinée à établir le budget du Département de la Défense US pour la période, certains de ces opposants y voyant une grave atteinte à la démocratie voire une étape dangereuse vers la création d’un Etat arbitraire outre-Atlantique.

Rappelons qu’en décembre 2011, Barack Obama a ratifié la Section 1021 du projet de loi intitulé National Defense Authorization Act (NDAA), lequel donne au final pouvoir au gouvernement fédéral de mettre et de garder en détention pour une durée indéfinie n’importe quelle personne, y compris des citoyens américains …  Pas de procédure régulière, pas d’accès à un avocat, les détenus ne disposant d’aucun élément leur permettant même de savoir s’ils seront à nouveau libres un jour …
En effet, cette partie du NDAA fait table rase de certaines des protections constitutionnelles les plus importantes. Elle permet ainsi au pouvoir exécutif d’ordonner  l’arrestation de tout citoyen US soupçonné d’activités terroristes ou d’association avec des terroristes.
Les personnes placées en garde-à-vue par l’armée – désormais chargée de faire respecter la législation nationale soit dit en passant – peuvent perdre leur droit à une procédure et à un habeas corpus réglementaires, et être maintenues en détention pour une durée indéfinie dans les bâtiments … de l’armée.
Cette loi permet de menacer activistes et dissidents, dont les droits étaient jusque-là protégés par le Premier Amendement, d’une incarcération à durée indéterminée dans les prisons militaires, y compris dans les colonies pénitentiaires maritimes. D’où la référence à Guantanamo établie par certains opposants .
L’intitulé de la loi lui-même, « the Homeland Battlefield Bill »  (loi sur le champ de bataille de la Patrie) affiche un air de totalitarisme qui ne présage rien de bon. Permettant de faire fi des droits les plus élémentaires sous prétexte que ladite patrie soit en danger …

L’attaque d’aujourd’hui « idéalement située » autour du Congrès américain alors que le débat politico-financier y fait rage, justifiant à elle seule de décréter ni plus ni moins l’état d’urgence … si l’on n’y prenait garde. Obama pouvant en effet être tenté d’affirmer que l’Etat US est attaqué par des terroristes profitant de l’impasse budgétaire actuelle …. pour s’adjuger des pouvoirs au delà de ceux fixés par la Constitution américaine.

« L’échec supplémentaire de l’administration à restaurer le habeas corpus, son utilisation de l’Espionage Act à six reprises pour faire taire les lanceurs d’alarme du gouvernement, son soutien au FISA Amendment Act « qui permet de mettre sur écoute téléphonique, de surveiller et d’écouter les conversations privées des citoyens états-uniens sans aucune justification », ainsi que son ordre d’assassiner des concitoyens en vertu de l’Authorization to Use Military Force (AUMF) de 2001, montrent que malgré toute sa rhétorique, B. Obama, à l’instar de ses adversaires républicains, est déterminé à supprimer tout obstacle se dressant devant le pouvoir illimité de l’état sécuritaire et de surveillance » notait quant à lui il y a quelques mois le journaliste Chris Hedges …

Selon le député Tim Donnelly, le NDAA donne au pouvoir exécutif – non seulement à Barack Obama mais également à tout futur président américain – un pouvoir sans précédent de maintenir en détention des citoyens US sans aucune forme de procès. « Quand protections constitutionnelles sont ignorées, l’hystérie raciste permet que des groupes vulnérables soient ciblés » avait-t-il par ailleurs ajouté.

Sources : AFP, The New American, Tenth Amendement Center , Chris Hedges , Resistance71

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com   – 03 octobre 2013

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