Cours du pétrole  : le Venezuela veut réunir les pays producteurs intra et extra Opep

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Alors que le Venezuela est confronté depuis bientôt deux ans à une grave crise économique liée à la chute du prix du baril, les affrontements violents entre opposants et partisans du gouvernement socialiste pouvant même conduire le pays au chaos, le président Nicolas Maduro a annoncé jeudi que Caracas tentait d’organiser une réunion entre les pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) – dont il fait partie – et les producteurs extérieur à l’Opep pour stabiliser les cours du brut.

« Nous faisons les démarches pour que très bientôt nous ayons une nouvelle réunion des pays producteurs et exportateurs de l’Opep et ceux qui ne sont pas dans l’Opep, Russie en tête, en tant que plus gros producteur de pétrole et exportateur hors-Opep », a ainsi déclaré le dirigeant socialiste lors d’une allocution télévisée. Le ministre vénézuélien du Pétrole, Eulogio del Pino, a à cette fin débuté un dialogue avec le nouveau secrétaire général de l’organisation, le Nigérian Mohammed Barkindo.

L’objectif de cette rencontre est de stabiliser le cours autour de 40 et plus, 50, 60 dollars par baril, a par ailleurs expliqué Nicolas Maduro. Selon lui, il s’agit « d’un sujet national et international de premier ordre ». Ajoutant : « nous avons lancé une bataille terrible pour stabiliser les prix du pétrole, en chute depuis de longs mois ».

Selon le président du Venezuela, le baril de brut vénézuélien, qui était tombé en avril à 30 dollars, s’est certes repris en juin pour atteindre les 40 dollars. Néanmoins, il s’établissait jeudi à 33,50 dollars.

Menée par l’Arabie saoudite, l’Opep s’abstient depuis près de deux ans d’abaisser son plafond de production, notamment après l’échec en avril dernier de négociations entre la plupart de ses membres et la Russie.

Depuis l’an dernier, le Venezuela, dont l’économie est fortement dépendante du pétrole est plongé dans une profonde crise politique et économique. S’il milite en faveur du gel de la production, ses efforts demeurent vains face à la stratégie saoudienne de laisser le marché se réguler en écartant les producteurs les moins compétitifs.

Malgré les demandes de Caracas, le cartel, entraîné par les pays du Golfe, refuse de réduire sa production, espérant ainsi porter ombrage à la concurrence du pétrole de schiste des États-Unis. Une politique que Nicolas Maduro qualifie de « suicide ».

Alors que le brut apporte 96% des devises du Venezuela, la chute du pétrole a fait s’effondrer son économie, désormais confrontée à une pénurie d’aliments et médicaments et une inflation s’élevant à 180,9% en 2015. Car, contrairement aux producteurs arabes, le pays ne détient pas les ressources nécessaires pour résister à ce que Maduro appelle « une guerre géopolitique contre le pétrole ».

Pour disposer de liquidités suffisantes, le Venezuela, qui produit 2,65 millions de barils par jour selon l’Opep, a besoin d’un baril à 80 dollars.

Sources : AFP, Reuters

Elisabeth Studer – 4 août 2016 – www.leblogfinance.com

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