DAX 30 : La Bourse allemande signe sa 5e plus mauvaise année en 30 ans

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(BFM Bourse) – La Bourse de Francfort a fini vendredi en forte hausse, le Dax gagnant 1,71% lors de la dernière séance – écourtée – de l’année, relevant la tête après avoir atteint la veille son plus bas niveau depuis deux ans.

L’indice vedette de la Bourse de Francfort a avancé de 177,5 points pour finir l’année 2018 à 10.558,96 points, évoluant ces derniers jours à des niveaux plus vus depuis octobre 2016. Le MDax, l’indice allemand des valeurs moyennes, a de son côté gagné 1,35%, à 21.588,09 points.

La relance de cette fin de la semaine s’inscrit dans le sillage de Wall Street, où le jeu de yo-yo de ces derniers jours s’est poursuivi jeudi avec un retournement spectaculaire en fin de séance, pour finir dans le vert. Mais à l’heure d’arroser la fin de l’année boursière sur le parquet de la Bourse à Francfort, comme le veut la tradition, les négociants ont peu le cœur à la fête au terme d’une année sombre voyant le Dax se tasser de 18,3%.

De fait, l’indice allemand a reculé pour la première fois depuis 2011 et il signe sa 5e plus mauvaise année en 30 ans.

Conjoncture économique morose

Sur sa lancée de l’année 2017, durant laquelle il avait gagné 12,5%, le Dax démarrait 2018 en trombe pour atteindre la cote record de 13.596,89 points le 23 janvier. Le vent tournait ensuite avec une Bourse devenue prisonnière de la politique, entre montée des tensions commerciales dans le monde, imbroglio sur le Brexit et défis budgétaires lancés par la coalition populiste en Italie. Ces événements, combinés à un léger tassement lors de la 5e année de croissance d’affilée en zone euro, et au retournement des politiques monétaires, en zone euro et ailleurs, ont nui aux placements en actions.

Les titres dépendant de la conjoncture ont souffert: l’aciériste ThyssenKrupp a cédé 38,1% sur l’année, les chimistes BASF et Covestro respectivement 34,2% et 49,8%, et Infineon 24%, à l’image d’un secteur technologique chahuté. Le secteur automobile s’est retrouvé entre le marteau du « dieselgate » et l’enclume des tensions commerciales: Volkswagen a lâché 16,5% sur un an, contre des chutes de 18,6% chez BMW et 35,2% chez Daimler. Le chimiste Bayer a perdu 40,8% sur l’année, pâtissant de la défiance des investisseurs après son coûteux rachat du géant des semences Monsanto, ce qui ne lui rapporte pour l’heure que de graves ennuis judiciaires.

Le pire est venu de Deutsche Bank. Le titre a fini vendredi en hausse de 3,21%, à 6,97 euros, mais cela masque un bilan annuel catastrophique du cours, en recul de 56,11% –et de près de 40% depuis l’arrivée en avril du nouveau PDG, Christian Sewing, pourtant présenté comme le redresseur de la première banque allemande. Rétrogradée en septembre sur le MDax, la dauphine Commerzbank a elle gagné vendredi 4,42%, à 5,78 euros, mais recule de plus de 50% sur l’année, sur fond de rumeurs récurrentes d’un rapprochement avec Deutsche Bank qui serait poussé par Berlin.

(avec AFP)

Quentin Soubranne – ©2018 BFM Bourse

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