Délocalisations chez Castorama: pas de « motif économique valable »

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La délocalisation des services de Castorama en Pologne, impliquant la suppression de 409 emplois du groupe Kingfisher, ne repose sur aucun « motif économique valable » au regard du droit du travail français, selon les experts mandatés par le comité central d’entreprise.

La « dégradation affichée des performances de la France ne suffit pas, selon nous, à démontrer un motif économique valable au regard du droit du travail français », estiment les experts-comptables dans la synthèse du rapport présenté mercredi à Templemars (Nord) en CCE. Le groupe britannique de magasins de bricolage Kingfisher a annoncé en février la suppression de 409 postes en France chez Castorama et Brico Dépôt, après sa décision de délocaliser une partie de ses services, notamment de comptabilité, en Pologne.

Le chiffre d’affaire du groupe en hausse

Ces délocalisations s’inscrivent dans le plan « One Kingfisher » mené depuis 2016 qui vise à élever de 500 millions de livres le bénéfice annuel du groupe d’ici l’exercice 2020-2021, mais occasionne pour l’heure des dépenses qui pèsent sur les comptes. « Selon nos estimations, 93 % économies potentielles proviendront des synergies d’achat et non des suppressions de postes envisagées », poursuit le cabinet dans son rapport consultatif. « Et ce, alors que le projet de réorganisation présenté risque de générer des dysfonctionnements opérationnels qui pourraient encore impacter les performances de Castorama France. »

Le chiffre d’affaires du groupe, présent surtout au Royaume-Uni, en Irlande et en France, a progressé de 3,8% à 11,7 milliards de livres en 2017. En France, il a baissé de 3,5% à change constant. La direction de Kingfisher France a affirmé ne pas avoir de « commentaires à formuler en dehors du dialogue social et de l’information à apporter à nos collaborateurs ».

« Notre objectif n’a pas changé. Il est de garantir un emploi au sein de nos entreprises en France à chaque collaborateur concerné par une suppression de poste », a ajouté Olivier Lurson, directeur des ressources humaines France de Kingfisher. « C’est là notre ambition et ce qui guide les mesures sociales d’accompagnement proposées dans le PSE. » Une dernière journée de négociations est prévue le 14 mai.

(Source : AFP)

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