Départ de GM de la Corée du Sud ? Effet Kim Jong-un ou rentabilité ?

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Départ de GM de la Corée du Sud ? Effet Kim Jong-un ou rentabilité ?

General Motors a annoncé vouloir réduire ses coûts en Corée du Sud. Selon la presse anglo-saxonne, le constructeur pourrait même sérieusement reconsidérer sa présence sur le marché sud coréen. Une position due à une vision purement financière ou fortement liée à la situation géopolitique actuelle dans la région, compte-tenu des vives tensions entre les Etats-Unis et la Corée du Nord ?

La présidente de GM, Mary Barra, a indiqué que des dirigeants de General Motors menaient actuellement « des discussions » avec les actionnaires minoritaires et les représentants des syndicats chez GM Korea qui pourraient aboutir à « des mesures de rationalisation, ou une restructuration ». La dirigeante a ajouté que le constructeur américain cherchait également à réduire ses coûts dans d’autres pays.

General Motors souhaiterait-il ainsi ménager ses arrières redoutant que Donald Trump ou Kim Jong-un ne portent leurs menaces à exécution ? Le constructeur pourrait-il également redouter les impacts d’une éventuelle réunification des deux Corées, autre issue plausible du conflit actuel  ?

En tout état de cause, l’annonce de ce changement de stratégie et d’une possible réduction de voilure en Corée du Sud intervient – simple hasard ? – alors que son voisin – la Corée du Nord – mené d’un bars de fer par le dictateur  Kim Jong-un menace un peu plus chaque jour les Etats-Unis.

  • La Corée du Sud : un « défi » pour GM

L’objectif incessant de Mary Barra a été de maximiser le retour sur investissement du constructeur automobile. Si une région ne répond pas aux attentes, la dirigeante ne souhaite pas s’y accrocher. Les dépenses devront au contraire être menées en vue de faire face à la concurrence aux États-Unis et en Chine, et d’investir dans de nouvelles technologies, telles que le véhicule électrique, mobilité et conduite autonome, tient-elle à préciser.

“Clairement, la Corée est un défi pour nous”, a déclaré Mary Barra en réponse à une question d’un analyste de l’établissement financier Morgan Stanley. Ajoutant : « nous avons une forte présence là-bas, nous avons augmenté notre part de marché, la marque Chevrolet a bien marché, mais la structure de coûts actuelle est devenue difficile et nous devrons prendre des mesures afin que le business soit viable. » La dirigeante a poursuivi en indiquant que GM discutait déjà avec les parties prenantes concernées pour ses opérations en Corée du Sud.

La rumeur d’une fin possible de GM Korea n’est pas nouvelle. Elle a vu le jour avant même la crise financière et la faillite de GM, lorsque le constructeur automobile a acquis Daewoo en 2002. Il semble néanmoins désormais que la discussion sur l’avenir de l’investissement dans la société ait atteint un tournant critique.

  • Les ventes de GM Korea en chute libre

Pour l’ensemble de l’année 2017, GM Korea a vu ses ventes chuter de 12 %, passant de 597,165 unités en 2016 à 524,547 véhicules en 2017.
En juillet dernier, la filiale sud-coréenne de General Motors avait déclaré que ses ventes du mois de juin avaient dégringolé de 21% par rapport à l’année dernière, et ce, en raison de la faible demande locale.
GM Korea avait alors vendu un total de 43.692 véhicules, en baisse par rapport aux 55.077 unités enregistrées en juin 2016. Les exportations avaient parallèlement baissé de 13% à 32.237 unités par rapport aux 37.019 de la même période de l’année précédente. Les ventes locales avaient quant à elles diminué de 37% à 11.455 unités par rapport aux 18.058 voitures de juin 2016. Au final, durant la période janvier-juin, GM Korea avait vu ses ventes combinées baisser de 9,3% en glissement annuel à 278.998 unités par rapport aux 307.512 affichées l’année dernière.
Le constructeur avait alors déclaré qu’il boosterait les ventes à travers un marketing agressif durant la deuxième moitié de l’année.

  • GM redouterait-il une réunification des deux Corées ?

Au delà des menaces proférées par le dictateur nord-coréen à l’encontre des Etats-Unis, une réunification des deux Corées revient à nouveau sur le devant de la scène. Conflit armé ou réunification, l’une ou l’autre des deux options entraînerait un bouleversement majeur des différents secteurs économiques des deux pays, impactant fortement l’industrie automobile. Au delà de GM Korea, l‘avenir de constructeurs tels que Hyundai, Daewoo, Kia, Sang Yong pourrait être grandement modifié.

Pour rappel, Corée du Nord et Corée du Sud demeurent en état de guerre depuis 1953, la fin de la guerre dans la péninsule n’ayant en effet été marquée que par un armistice, sans qu’aucun traité de paix n’ait été signé. S’en sont suivies quelque soixante années de tension, émaillées de nombreux incidents et affrontements.

Depuis l’armistice, la réunification de la péninsule coréenne a toujours été un objectif sacré. Si certes, sa concrétisation n’est pas pour demain … des prémices d’une possible entente voient désormais le jour.
Début janvier, le Président nord-coréen, Kim Jong-un a insisté sur la nécessité de créer les conditions d’une amélioration des relations bilatérales avec la Corée du Sud en vue des Jeux Olympiques à venir. «Le Nord et le Sud ne doivent pas être ligotés par les événements du passé. Il est indispensable d’améliorer les relations bilatérales et de faire une percée en matière de réunification», a annoncé le leader nord-coréen, cité par l’agence centrale de presse nord-coréenne.

Pour la première fois depuis 2015, la Corée du Nord et la Corée du Sud se sont reparlées officiellement mardi 9 janvier. La reprise du dialogue s’est tenue à la frontière intercoréenne, la fameuse zone démilitarisée (DMZ).

Signe des temps : les deux gouvernements coréens se sont notamment mis d’accord pour présenter une équipe commune de hockey sur glace féminin lors des jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang qui s’ouvriront vendredi prochain, 9 février. Après plusieurs mois de tensions entre les deux Corées, certains pourraient même être tentés de nommer ces jeux les « jeux du dégel » . Une délégation menée par le président du parlement nord-coréen est par ailleurs attendue en Corée du Sud en vue d’accompagner les sportifs. Au total une dizaine d’athlètes nord-coréens doivent participer aux épreuves olympiques.

Sources : Automotive News, GM, Business Insider,Yonhap

Elisabeth Studer, le 8 février 2018, www.leblogfinance.com

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