Dieselgate : Bosch aurait joué un rôle essentiel

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L’étau se resserre autour de Bosch dans l’affaire du dieselgate et de son éventuelle implication dans la tricherie opérée par Volkswagen. « Bosch a joué un rôle essentiel » dans la tricherie du constructeur automobile allemand précisent désormais les nouveaux éléments complémentaires issus de la plainte collective déposée devant un tribunal de San Francisco.

Les medias allemands NDR, WDR et « Süddeutsche Zeitung » ont en effet  eu accès aux quelques 740 pages de la plainte déposée contre VW, dont des passages concernent Bosch. Si l’équipementier a toujours reconnu avoir fourni le  logiciel truqueur à Volkswagen, il a nié toute participation à la fraude opérée par le constructeur. Or l’accusation prétend désormais que VW ne pouvait pas modifier le logiciel pour manipuler les mesures de rejets polluants sans obtenir l’aval de son fournisseur et estime que Bosch a aidé à dissimuler l’existence du programme.

La plainte indique ainsi qu’en 2008, Bosch a écrit à Volkswagen en lui « demandant expressément de l’indemniser » face aux conséquences inévitables de l’utilisation du logiciel truqué », que Bosch « savait interdit par la loi américaine ».

Le texte précise également que « Volkswagen a apparemment refusé d’indemniser Bosch » mais que  ce dernier a néanmoins continué de développer ce qu’il appelait la fonction acoustique (le nom de code du dispositif incriminé) pour Volkswagen pendant encore sept ans. VW se serait même plaint auprès de son fournisseur de ses velléités de recourir à la justice pour obtenir satisfaction. Pour les plaignants, ces tractations sont ni plus ni moins la preuve que Bosch a été activement impliqué dans la fraude des moteurs diesels.

Les avocats des clients de VW reprochent également à l’équipementier d’avoir caché l’existence d’un tel dispositif dès les premiers soupçons des régulateurs américains. Selon eux, le fait que Bosch savait que la fonction acoustique était utilisée comme dispositif truqueur démontre que « Bosch a participé de manière active et en toute connaissance de cause à l’escroquerie des consommateurs américains pendant une décennie ».

Les prémices de la tricherie sur les moteurs remonteraient donc au début de l’année 2005 au plus tard, soit quelques semaines avant l’offensive diesel programmée par VW aux Etats-Unis.  Un ingénieur d’Audi avait alors publié une étude montrant qu’une intervention sur le logiciel fourni par Bosch pourrait ouvrir la voie au trucage des valeurs de rejets de gaz polluants. Le logiciel devait être capable de reconnaître si le véhicule se trouvait en conduite normale ou sur un pont servant à des tests de pollution. Or, selon les plaignants, aucune manipulation n’aurait été possible sans l’aide des ingénieurs de Bosch.

A l’heure actuelle, l’équipementier n’a pas souhaité faire de commentaire sur le sujet. Ses avocats préparent toutefois un mémoire présentant sa défense. Plus encore, le week-end dernier, le groupe a informé ses salariés dans un message interne que l’affaire risquait de faire grand bruit … et grand frais.

La plainte déposée par les propriétaires américains pourrait avoir un impact financier non négligeable sur Bosch, à comparer aux 15,3 milliards de dollars (13,9 milliards d’euros) déjà payés par VW au civil, et ce, sans que l’ensemble des plaintes n’aient été traitées.

Sources : AFP, Les Echos

Elisabeth Studer – 09 septembre 2016 – www.leblogfinance.com

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