Doomsday Clock ou l’horloge de l’apocalypse…

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Avis aux amateurs de prédiction mayas: 2012 démarre bien. L’horloge de l’Apocalyspe («Doomsday Clock»), vient de se rapprocher une minute plus près de minuit. Alors que le jour du Jugement Dernier était prévu pour dans six minutes depuis 2010, il a été avancé à cinq minutes.

C’est en 1947, en pleine Guerre froide, que le journal d’experts Bulletin of the Atomic scientists de l’Université de Chicago met au point cette horloge symbolique représentant les dangers pesant sur l’humanité. Moins elle affiche de minutes restantes avant minuit, et plus la fin du monde est proche.

Destinée avant tout à mesurer l’imminence d’une guerre nucléaire, elle a ensuite intégré les menaces pesant sur l’écologie et les risques techniques dans ses calculs.

Si l’horloge de l’Apocalypse joue d’une certaine manière sur l’humour noir, les explications qui accompagnent ses changements sont éminemment politiques.

«Débarrasser le monde des armes atomiques, maîtriser l’énergie nucléaire, réagir face au réchauffement climatiques, sont des défis complexes et interconnectés. Face à de tels problèmes il est difficile de voir où se trouve la capacité de relever ces défis.»

Et les universitaires n’hésitent pas à cibler les points chauds du globe, comme l’Iran ou la Corée du Nord, qui ont récemment relancé leurs programmes nucléaires militaires:

«Les possibilités d’utilisation d’armes nucléaires dans les conflits régionaux aux Moyen-Orient,  en Asie du Nord-Est ou le Sud de l’Asie sont alarmantes.»

Il est vrai que les tensions demeurent très vives en Corée du Nord. Le pays, qui est sorti du Traité de non-prolifération en 2003, avait réalisé deux essais nucléaires en 2006 et 2009. Un troisième essai aurait même été prévu pour 2012, avant la mort de Kim Jong-il. De même, l’Iran a annoncé lundi 9 janvier qu’elle démarrait l’enrichissement d’uranium dans une usine souterraine.

Par ailleurs la tendance n’est pas non plus à l’optimisme en matière de lutte contre le réchauffement climatique. En effet, le sommet de Durban n’a abouti qu’à un compromis décevant, un manque de de réactivité qui fait dire aux experts de Chicago que la planète «pourrait déjà avoir franchi le point de non-retour».

Au vu de ces risques, le bureau du Bulletin a donc décidé de dégrader la «note» de l’Humanité. Quand on vous dit que 2012 commence bien…

En résumé, il s’agit de l’indicateur de la guerre atomique. Il ne prend pas en compte les crises économiques ou sociales.

L’horloge de la fin du monde est une horloge conceptuelle sur laquelle « minuit » représente la fin du monde. Elle fut créée en 1947, peu de temps après les bombardements atomiques américains sur le Japon, et est régulièrement mise à jour depuis, par les directeurs du Bulletin des scientifiques atomistes (en), basé à l’Université de Chicago.
L’horloge utilise donc l’analogie du décompte vers minuit pour dénoncer le danger qui pèse sur l’Humanité du fait des menaces nucléaire, écologique et technique. Également baptisée horloge de l’Apocalypse, elle indique depuis 2010, minuit moins six. (23h54)

À l’origine, cette horloge représentait la possibilité d’une guerre nucléaire mondiale, en soulignant la menace liée à la prolifération des armes nucléaires. Mais par la suite, elle a pris en considération les perturbations dues au changement climatique, les problèmes liés aux hydrocarbures (pic pétrolier, géopolitique du pétrole) ou encore les risques liés aux nouvelles technologies (nanotechnologie, biotechnologie, etc.).
Le nombre de minutes restant avant minuit est mis à jour périodiquement. Ainsi l’horloge de l’Apocalypse indique en 2007 minuit moins cinq (23:55), après avoir été avancée de deux minutes, le 17 janvier 2007, suite aux tensions dues aux ambitions nucléaires respectives de l’Iran et de la Corée du Nord, ainsi qu’à l’insistance des États-Unis à évoquer l’utilité stratégique des armes nucléaires, l’échec des tentatives de sécurisation des stocks d’armes et la présence de 26 000 têtes nucléaires aux États-Unis et en Russie.
1947 11:53 Création de l’horloge.
1949 11:57 −4 L’Union soviétique fait ses premiers essais nucléaires.
1953 11:58 −1 L’URSS et les États-Unis testent des engins thermonucléaires à neuf mois d’intervalle. L’horloge est cette année-là au plus près de minuit depuis sa création.
1960 11:53 +5 L’horloge est reculée en réponse à une coopération scientifique accrue et à la compréhension du public envers les dangers de l’arme nucléaire.
1963 11:48 +5 URSS et États-Unis signent le Traité d’interdiction partielle des essais nucléaires, limitant les tests d’engins nucléaires dans l’atmosphère.
1968 11:53 −5 La France et la Chine sont désormais en possession de l’arme nucléaire (respectivement en 1960 et 1964), des conflits déchirent le Moyen-Orient, le sous-continent indien et le Viêt Nam.
1969 11:50 +3 Le sénat américain ratifie le Traité de non-prolifération nucléaire.
1972 11:48 +2 URSS et États-Unis signent les négociations sur la limitation des armements stratégiques (SALT I) et le traité ABM (anti-missiles balistiques).
1974 11:51 −3 L’Inde teste sa première arme nucléaire, Smiling Buddha ; les négociations SALT II (seconde phase de limitation) échouent.
1980 11:53 −2 Nouveaux échecs dans les négociations avec l’URSS, augmentation du nombre de conflits nationalistes et d’actions terroristes.
1981 11:56 −3 Reprise de la course à l’armement, des conflits en Afghanistan, Afrique du Sud et Pologne ajoutent à la tension internationale.
1984 11:57 −1 Nouvelle accélération de la course aux armements faisant suite à la politique de Ronald Reagan.
1988 11:54 +3 URSS et États-Unis signent un traité visant à éliminer les armes nucléaires de moyenne portée, les relations entre les deux grandes puissances s’améliorent.
1990 11:50 +4 Chute du Mur de Berlin, succès des mouvements anti-communistes en Europe de l’Est ; la fin de la Guerre froide approche.
1991 11:43 +7 URSS et États-Unis signent le Traité de réduction des armes stratégiques. L’horloge est alors au plus loin de minuit depuis sa création.
1995 11:46 −3 Les dépenses militaires mondiales continuent à un niveau équivalent à l’époque de la Guerre froide ; des inquiétudes naissent quant à la possible prolifération des armes nucléaires dans la Russie postsoviétique.
1998 11:51 −5 L’Inde et le Pakistan testent tous deux des armes nucléaires dans l’hypothèse d’une agression mutuelle. L’ancien bloc soviétique et les États-Unis ne réussissent pas à tenir leurs engagements de réduction des stocks d’armes existants.
2002 11:53 −2 Peu de progrès sont faits dans le désarmement nucléaire global : les États-Unis rejettent une série de traités de contrôle des armes et annoncent leur intention de se retirer du traité anti-missiles balistiques. Des groupes terroristes cherchent à acquérir l’arme nucléaire.
2007 11:55 −2 L’essai nucléaire nord-coréen du 9 octobre 2006, les ambitions avouées de l’Iran, l’insistance des États-Unis à évoquer l’utilité stratégique des armes nucléaires, l’échec des tentatives de sécurisation des stocks d’armes et la présence de 26 000 têtes nucléaires aux États-Unis et en Russie amènent l’horloge à 23:55. Les experts chargés d’évaluer le danger pour la civilisation ajoutent les changements climatiques aux grandes menaces, au côté du risque de conflit nucléaire global.
2010 11:54 +1 Coopération mondiale pour réduire l’arsenal nucléaire et son incitation à limiter l’émission de gaz à effet de serre.
2012 11:55 -1 Justifié par les dangers clairs et imminents de prolifération nucléaire et de changement climatique ainsi que la nécessité de trouver des sources d’énergie sûres et durables.
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