Economie : Moody's abaisse d'un échelon la note souveraine de l'Italie

Mots-clefs : , , , , , , ,

ROME, 19 octobre (Reuters) – L’agence de notation financière Moody’s Investors Service a annoncé vendredi avoir abaissé la note souveraine de l’Italie pour la ramener un échelon seulement au-dessus de la catégorie spéculative (« junk ») en raison de la dégradation des perspectives de déficit et de l’arrêt des réformes structurelles.

La note attribuée à la dette à long terme émise par Rome est ramenée à Baa3 contre Baa2; elle est assortie d’une perspective stable, un élément qui pourrait limiter l’impact de la décision puisqu’il écarte à court terme le risque d’une dégradation supplémentaire.

Dans un communiqué https://www.moodys.com/research/Moodys-downgrades-Italys-ratings-to-Baa3-stable-outlook–PR_390302, Moody’s explique sa décision par « une dégradation marquée de la solidité budgétaire de l’Italie, avec des objectifs gouvernementaux de déficits budgétaires pour les années à venir supérieurs à ce que Moody’s prévoyait auparavant » et par « les conséquences défavorables pour la croissance à moyen terme de l’arrêt des projets de réformes économiques et budgétaires structurelles ».

Le gouvernement de coalition formé fin mai par la Ligue et le Mouvement 5 Etoiles (M5S) a annoncé lundi tabler pour l’an prochain sur un déficit budgétaire de 2,4% du produit intérieur brut (PIB), trois fois supérieur à celui que visait son prédécesseur.

Le projet de budget pour 2019 prévoit entre autres l’instauration d’un « revenu de citoyenneté » pour les plus défavorisés, une amnistie fiscale partielle et l’abaissement de l’âge de la retraite.

Ces choix, que Rome justifie par la nécessité de soutenir la croissance, ont valu au cabinet de Giuseppe Conte de vives critiques de la Commission européenne.

MOODY’S SCEPTIQUE POUR L’IMPACT DU BUDGET SUR LA CROISSANCE

Les tensions entre l’Italie et l’exécutif communautaire ont favorisé une nette remontée des rendements des emprunts d’Etat italiens et un creusement de l’écart de rendement (« spread ») entre les titres italiens et allemands.

Ce dernier a atteint vendredi son plus haut niveau depuis cinq ans et demi à plus de 338 points de base.

Dans son communiqué, Moody’s juge aussi que « les projets de politiques budgétaire et économique du gouvernement n’intègrent pas un programme de réformes cohérent ».

Elle estime que la croissance de l’économie italienne (la troisième de la zone euro) devrait bénéficier d’un coup de pouce temporaire grâce à la politique budgétaire expansionniste actuelle avant de retomber à un rythme d’environ 1%.

« Même à court terme, Moody’s pense que le soutien budgétaire apportera un soutien à la croissance plus limité que prévu par le gouvernement », poursuit le communiqué.

Pour l’agence de notation, le ratio d’endettement (dette/produit intérieur brut) de l’Italie devrait se stabiliser au cours des années à venir autour de son niveau actuel proche de 130%, au lieu de commencer à diminuer comme attendu jusqu’à présent.

L’Italie est notée BBB par les deux autres grandes agences de notation internationales, Standard & Poor’s (S&P) et Fitch Ratings.

S&P, dont la perspective est stable, doit rendre sa décision sur une éventuelle modification vendredi prochain, 26 octobre. Fitch, de son côté, a abaissé le 31 août à « négative » la perspective de sa note.

(Crispian Balmer; Marc Angrand pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse)


Investir – Toute l'info des marchés – Les Echos Bourse

Partager cet article