EDF : électricité contre actions de Rio Tinto pour un Péchiney franco-allemand ?

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Le 21 ème siècle pourrait-il devenir l’ère du troc ?  Si l’on en croit le journal les Echos, le groupe EDF pourrait vendre son électricité à un tarif préférentiel à Rio Tinto, en l’échange d’actions du géant minier.
Une transaction qui serait liée à la volonté du groupe brésilien de se désengager de l’usine d’aluminium de Saint-Jean-de-Maurienne (ex-Pechiney).
Une manière aussi de voir ce fleuron de l’industrie française retourner aux mains de groupes nationaux ?
Cela y ressemble puisqu’en réponse à une question d’un député du Tarn-et-Garonne, jeudi à l’Assemblée nationale, Arnaud Montebourg a indiqué qu’une « négociation » était « engagée » en vue de  » reconstituer un Péchiney franco-allemand« .
Rappelons que le groupe français Péchiney avait été racheté en 2003 par le canadien Alcan, lequel avait été racheté par la suite par Rio Tinto en 2007.

Alors que les discussions avec le repreneur potentiel, l’allemand Trimet, semblent progresser favorablement, le ministre du Redressement productif, qui espère arriver à un accord avant la fin du mois de juin s’est voulu encore plus précis devant les députés. Déclarant que le candidat à la reprise « pourrait devenir (…) l’actionnaire majoritaire de Saint-Jean-de-Maurienne et de Castelsarrasin en association avec EDF, dans un partenariat qui a déjà existé dans l’usine d’aluminium (de) Dunkerque entre Rio Tinto et EDF ».
Selon une source proche du dossier, EDF pourrait au final détenir une participation de près de 40 % de la nouvelle société propriétaire du site.

Rappelons, que le tarif de l’électricité constitue un des nerfs de la « guerre » de la production d’aluminium, les industriels du secteur se basant sur l’électrolyse de l’alumine pour obtenir le métal.
Selon les Echos, les tarifs préférentiels proposés par EDF se situeraient dans une fourchette comprise entre 25 et 30 euros le mégawattheure. Le journal précisant par ailleurs que le contrat  de fourniture d’électricité liant EDF et l’usine doit arriver à échéance en mars 2014.

Ironie du sort ? Juste retour des choses ? En novembre 1983, Jean Gandois, alors PDG de Pechiney, affirmait que son entreprise avait vocation à produire de l’électricité. Quelques mois auparavant, Gérard Longuet, alors ministre de l’Industrie, s’était prononcé en faveur de l’abandon du monopole de la production par EDF.

Dans un entretien accordé, au quotidien «le Progrès», Jean Gandois avait alors estimé ainsi «qu’il devra y avoir en France un producteur d’électricité privé de taille significative» en raison de la réglementation européenne qui «tend à remettre en cause le monopole de production d’EDF».
Le PDG du géant de l’aluminium se déclarait également «très intéressé»  par le projet de rapprochement avec la Compagnie nationale du Rhône (CNR). «Notre espoir de rapprochement avec la CNR est essentiellement un projet industriel auquel chacun des acteurs trouverait avantage», soulignait-il ainsi avant d’ajouter que Pechiney était « candidat à être ce producteur privé».

Sources : Les Echos, AFP, Reuters, LE Progrès

Elisabeth STUDER  – 13 juin 2013 – www.leblogfinance.com


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