Electricité: un hiver « un peu moins difficile » que l'an dernier

Mots-clefs : , , , , ,

Un hiver moins difficile mais les risques de coupures d'électricité demeurent-AFP/LIONEL BONAVENTURE Un hiver moins difficile mais les risques de coupures d’électricité demeurent-AFP/LIONEL BONAVENTURE

L’hiver s’annonce « un peu moins difficile » pour l’alimentation électrique de la France que l’an dernier mais la vigilance reste de mise,a déclaré mercredi le président du gestionnaire du réseau.

« Pour nous le présupposé d’entrée c’est que ce sera un peu moins difficile que l’hiver dernier », a indiqué François Brottes, président du directoire de Réseau de transport d’électricité (RTE).

« On est en très grande vigilance », a-t-il toutefois ajouté devant des députés de la commission des Affaires économiques.

L’hiver dernier avait été difficile en raison de l’arrêt d’un nombre important de centrales nucléaires d’EDF et d’une forte vague de froid.

Les élus du comité central d’entreprise (CCE) d’EDF ont eux alerté mercredi sur les « risques » de coupures électriques cet hiver du fait notamment d’une capacité réduite des moyens « pilotables », qui servent à ajuster la production en cas de forte demande, et du manque d’investissements.

Pour les élus (CGT, CFE-CGC, CFDT et FO), « on s’approche de la ligne de crête » concernant les coupures de courant, comme l’a dit Patrick Bathany (CFDT) à l’occasion d’une conférence de presse. Celle-ci, dont le principe avait été prévu après la vague de froid de l’hiver dernier, intervient une semaine après que le gestionnaire du réseau électrique RTE a averti de possibles mesures « exceptionnelles » de restriction pour celui à venir.

Revenant sur le 25 janvier 2017, où le réseau était passé très près de la coupure, de l’aveu de RTE à l’époque, Virginie Neumayer, présidente de la commission production du CCE, a expliqué que ce jour-là il restait « 1% de marge », soit « 1.000 mégawatt » encore disponible sur le réseau avant rupture.

Or, depuis, les centrales au fioul de Porcheville (Yvelines) et Cordemais (Loire-Atlantique) ont fermé, pour des raisons de rentabilité, soit « – 2.400 MW pour l’hiver à venir ». Les centrales thermiques comme celles-ci font partie des moyens de production « pilotables », qui peuvent être appelés en renfort rapidement en cas de besoin, au contraire des énergies renouvelables.

Les réserves des barrages, autre moyen pilotable, sont aussi « inférieures de 15% » par rapport à la même époque de l’an dernier, du fait du manque de précipitations, a souligné Philippe Page Le Mérour (CGT).

Quant à la production du parc nucléaire, elle est « stable sur les dix dernières années », a observé Hervé Desbrosses (CFE-CGC).

« En une décennie, la moitié de la capacité des moyens de production thermiques ont fermé sur le territoire », a ajouté Mme Neumayer. Des décisions de fermeture auxquelles tous les syndicats d’EDF se sont unanimement opposés, comme en février 2016. Ils avaient alors déjà alerté sur le risque de black-out alors qu’était décidée la fermeture anticipée des centrales fioul de Porcheville et Cordemais.

Pour assurer la sécurité d’approvisionnement, le CCE préconise de « revenir » à cette « mission première d’EDF » de fourniture d’électricité en « rompant avec la logique d’effacement » (réduction temporaire de la consommation d’électricité d’un industriel), de « conforter » le mix électrique français avec des moyens de production pilotables et de « conserver dans le giron d’EDF » les concessions hydrauliques, que Bruxelles veut ouvrir à la concurrence.

Il faut aussi « engager sans tarder » la construction de nouvelles unités de production thermiques propres, nucléaires (EPR nouveau modèle) et hydrauliques via les stations d’énergie par pompage et turbinage (STEP), estime le CCE.

Challenges en temps réel : Économie

Partager cet article