Gazprom : la Grèce obtient une baisse de tarif de 15 % sur le prix du gaz russe

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Quand la Russie nargue l’Ukraine et l’Union européenne sur le prix du gaz ….

Le conflit Russie/Ukraine lié en grande partie aux différents tarifs gaziers pratiqués pour l’approvisionnement des pays européens, au transit de gaz via l’Europe, voire même au potentiel de la zone en hydrocarbures, vous en doutiez ?

C’est dans un climat de tensions extrêmes, que le ministère grec de l’Energie a annoncé mardi dernier que le distributeur national de gaz en Grèce, le DEPA, avait obtenu auprès du russe Gazprom une réduction de 15% sur le prix du gaz. Ce qui place la Grèce dans la moyenne de l’Union Européenne continentale, si l’on en croit la partie grecque. Ce prix constitue un des plus bas si on le compare aux prix pratiqués dans les pays voisins, en ce qui concerne les contrats de long terme du géant gazier russe.

Sans daigner préciser le prix négocié avec Gazprom, Athènes a toutefois indiqué que la nouvelle grille tarifaire entrerait en vigueur rétroactivement au 1er juillet. Elle sera répercuté sur les tarifs pour l’ensemble des consommateurs (industries et ménages).

Selon des estimations, le nouveau prix avoisinerait 393 dollars/1000 m3 de gaz naturel, un ordre de grandeur ciblé dès le départ des négociations par la DEPA. Si l’on en croit différentes sources, la Grèce souhaitait obtenir un prix proche de la moyenne européenne, laquelle est de 380 dollars pour 1.000 m3.

Fin janvier, lors d’une rencontre à Bruxelles entre Vladimir Poutine et le premier Ministre grec, Antonis Samaras, des sources gouvernementales grecques avaient estimé que le prix actuel du gaz naturel ($ 467/1000btu) était très élevé, ajoutant que la partie grecque comptait sur une baisse conséquente de ce prix. M. Samaras avait déclaré pour sa part que la Grèce surmontait une longue et très douloureuse récession et, que, par conséquent, des bas prix pour l’énergie étaient décisifs pour le redressement de l’économie grecque.

Le nouvel accord permet également la diminution du montant de la clause take or pay pour la DEPA, qui passerait ainsi de 2,4 milliards de m3 par an aujourd’hui à 2 milliards de m3 par an.

Deux nouvelles révisions du contrat – conclus jusqu’en 2026 – s’avèrent possibles, la première pouvant intervenir deux ans après son entrée en vigueur.

Rappelons que depuis des mois déjà, la Grèce tentait d’obtenir une réduction du prix du gaz auprès de Gazprom, envisageant même de céder DEPA au géant gazier russe, le distributeur national de gaz grec étant susceptible d’être privatisé dans le cadre du programme d’aide de la Troïka (Union Européenne-FMI).

Mais, en juin dernier, Gazprom s’était soudainement retiré de l’appel d’offres sur DEPA, évoquant des inquiétudes quant à la viabilité de cette société. « Nous n’avons pas obtenu suffisamment de garanties sur le fait que la situation financière de DEPA ne se dégradera pas après la conclusion de l’affaire », le groupe étant « déjà confronté à des difficultés à cause d’impayés de ses clients », avait alors expliqué son porte-parole Sergueï Koupriyanov.

L’échec de la privatisation de DEPA avait alors porté un coup à l’ambitieux programme de privatisations grec exigé par les bailleurs de fonds du pays, UE, BCE et FMI.

Il n’en demeure pas moins que les partenaires occidentaux de la Grèce estiment que la part de son approvisionnement énergétique russe est supérieure au niveau acceptable. Le pays importe de Russie 70% de sa consommation de gaz et 40% de pétrole.

En vue de préserver son indépendance énergétique – ou plutôt tente de préserver , la situation qui prévaut en Ukraine montrant sa faiblesse en la matière – la Commission européenne s’oppose à une présence accrue de la Russie sur ce marché. Certains analystes considèrent même qu’il n’est pas exclu que Bruxelles ait fait pression sur la Athènes pour limiter les volontés expansionnistes de Moscou en utilisant les conditions d’octroi d’aide européenne à la Grèce.

Sans ambages, les Etats-Unis ont exigé qu’Athènes ne devienne en aucun cas l’ « otage de l’énergie » russe.

Il est vrai que la Grèce pourrait devenir prochainement un lieu de transit international pour le marché du gaz, une sorte de hub via lequel l’Europe pourrait intensifier son approvisionnement de gaz en provenance d’Asie centrale. Des fournisseurs de gaz indépendants pouvant entrer sur ce marché et s’en rendre maître.

Sources : ANAMPA, AFP

Elisabeth Studer – 3 mars 2014- www.leblogfinance.com


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