GM : transfert d’emplois du Canada au Mexique malgré les menaces de Trump

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Le président du principal syndicat du secteur automobile canadien vient d’indiquer que General Motors allait transférer des emplois du Canada vers le Mexique. Pour une fois il ne s’agit pas de l’effet Trump, mais au contraire de l’effet Aléna (le fameux traité d’échanges commerciaux que le nouveau locataire de la Maison Blanche souhaite remettre en cause).

Selon Jerry Dias, le président de l’Unifor, GM va ainsi supprimer 625 postes dans son usine d’assemblage d’Ingersoll, dans la province canadienne de l’Ontario, d’ici la fin du mois de juillet, prévoyant parallèlement d’en transférer une partie au Mexique. Si l’on en croit ses propos, l’annonce aurait été faite totalement par surprise. Une surprise d’autant plus grande que Donald Trump a rencontré la semaine dernière les dirigeants des trois grands constructeurs américains et les a appelés à augmenter la production nationale tout en les décourageant d’investir au Mexique. S’engageant parallèlement à renégocier l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) qui lie depuis plus de 20 ans les Etats-Unis, le Canada et le Mexique.

Selon Mike Van Boekel, porte-parole de l’unité locale d’Unifor, l’annonce serait directement liée à la décision de GM de transférer la production du véhicule GMC Terrain au Mexique.Une porte-parole de General Motors Canada a déclaré pour sa part que le constructeur avait informé l’Unifor sur l’impact social de la réduction de la production de modèles anciens et du lancement sur le site d’Ingersoll de l’assemblage du nouveau modèle Equinox. Le constructeur affirme par ailleurs continuer de travailler avec ses partenaires d’Unifor pour gérer « cet ajustement » avec « toutes les mesures à notre disposition dans le cadre de la convention collective ».

Si l’annonce de cette suppression d’emplois au Canada suit celle faite mi-janvier concernant la délocalisation du Canada au Mexique de la production du GMC Terrain, assemblé jusqu’ici à l’usine d’Ingersoll, en Ontario , un porte-parole de GM, Mathew Palmer, a déclaré quant à lui que les suppressions de postes découlaient strictement de la fin de la production de la précédente génération d’Equinox dans l’usine située à 150 km de Toronto, et n’avaient rien à voir avec la délocalisation du Terrain au Mexique. Mathew Palmer a également indiqué que le site allait commencer à assembler en juillet le nouveau modèle Chevrolet Equinox.

Reste que selon le patron d’Unifor, il s’agit ni plus ni moins d’une « trahison ». Il estime que cette décision montre pourquoi l’ALENA est « un  horrible accord pour les employés canadiens ». Pour lui, il s’agit d’un nouvel exemple démontrant comment les emplois de qualité sont déplacés du Canada  pour utiliser une main d’oeuvre bon marché au Mexique, ajoutant qu’ Unifor ne laissera pas faire sans se battre. Il considère par ailleurs  la délocalisation de la production du GMC Terrain comme non justifiée, observant que la demande et les ventes de ce véhicule, tout comme celles de l’Equinox, demeurent importantes. Il a également tenu à préciser que l’usine d’Ingersoll n’avait pas été incluse dans les dernières négociations contractuelles qui avaient permis d’obtenir plus de 1,5 milliard de dollars d’investissement au Canada de la part des trois grands constructeurs automobiles américains.

Le ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique canadien, Navdeep Bains, s’est dit être inquiet de l’impact de ces pertes d’emploi sur les employés et leurs familles, mais assure néanmoins rester optimiste quant à l’avenir de l’industrie automobile canadienne. Selon lui, le Canada ce n’est pas l’ALENA qui doit être pointé du doigt dans l’affaire mais bien l’insuffisance du libre échange, le tout associé à un manque de compétitivité par rapport au coût de la main-d’oeuvre ou de l’énergie au Mexique.

Le ministre du Développement économique et de la Croissance de l’Ontario, Brad Duguid, affirme quant à lui avoir appelé le président de GM Canada, Steve Carlisle, pour parler de la situation et tenter – en vain – de le faire revenir sur sa décision. Malgré l’annonce, il s’avère optimiste, confiant en la politique de GM de maintenir des opérations et des activités importantes dans cette province. Il a ainsi tenu à rappeler que le constructeur avait promis un investissement de 554 millions de dollars en Ontario et la création de 700 emplois en ingénierie et recherche. « La nouvelle d’aujourd’hui n’aura pas d’impact sur ces investissements », ajoute ainsi Brad Duguid. GM Canada emploie directement environ 8 400 employés, 6 500 à taux horaire et 1 900 salariés. 2880 personnes travaillent à l’heure actuelle sur le site d’assemblage d’Ingersoll.

Sources : Reuters, Presse canadienne

Elisabeth Studer – 29 janvier 2017 – www.leblogfinance.com

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