Goldman Sachs : un tiers des actionnaires contre les gros salaires

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Les « gros salaires » semblent devenir un sujet phare du moment, tentant de mettre un peu de décence parmi les plus imposants portefeuilles mondiaux. Alors que la rémunération de Carlos Ghosn, Pdg de Renault provoque de sérieux remous, un tiers des actionnaires de la sulfureuse banque d’affaires américaine Goldman Sachs ont rejeté vendredi la rémunération de leurs dirigeants lors de leur assemblée générale annuelle. Signe des temps ?

Selon des résultats provisoires, une proposition soumise au vote consultatif des actionnaires et portant sur les rémunérations (salaire fixe, bonus, stock-options) versées au titre de 2015 a récolté 34% des suffrages exprimés.

Baptisé « say on pay », ce type de proposition voit désormais le jour dans presque toutes les assemblées générales des actionnaires des grandes entreprises américaines qui se sont tenues cette année. Si, auparavant, cette initiative qui vise avant tout à réduire le niveau de rémunération des dirigeants, se révélait peu efficace, les actionnaires étant jusqu’à présent plus soucieux du niveau des dividendes que de celui des rémunérations, les choses semblent changer. Il est vrai qu’en temps de crise, de somptueux salaires entachent des bénéfices de plus en plus difficiles à réaliser et s’avèrent contre-productifs en terme d’images d’entreprise. Autre avantage et non des moindres, ce type de procédure permet d’instaurer une plus grande sensibilité de la rémunération des dirigeants à la performance de la société.

Rappelons que l’an dernier, Lloyd Blankfein, PDG de Goldman Sachs et banquier le mieux payé de Wall Street, avait reçu une rémunération de 30 millions de dollars.

Mardi dernier, environ 92% des actionnaires de JPMorgan Chase, première banque américaine en termes d’actifs, ont approuvé quant à eux les rémunérations des dirigeants alors qu’un tiers les avait rejetées chez Citigroup, autre banque phare de Wall Street.

Autre fait marquant concernant Goldman sachs : seuls 30% des actionnaires se sont prononcés vendredi contre la séparation des fonctions de président du conseil d’administration et de directeur général, proposition pourtant soutenue par le puissant cabinet de conseils aux actionnaires ISS et les fonds de pension. Ces derniers souhaitent en effet la mise en place des pratiques de bonne gouvernance au sein des entreprises.

Les actionnaires de Goldman Sachs ont par ailleurs rejeté à une large majorité (95,5%) une résolution s’opposant aux parachutes dorés.

La crise sévirait-elle même chez Goldman Sachs ?

Sources : Reuters, Goldman Sachs

Elisabeth Studer – 20 mai 2016 – www.leblogfinance.com

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