Grèce : Juncker et Lagarde sur la voie d’un allègement de la dette

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Enfin une bonne nouvelle de dans ce monde de brut ! Encore que la nouvelle ait des conséquences importantes sur la vie quotidienne des citoyens grecs et soit synonyme de mesures drastiques … Selon le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, la Grèce a « pratiquement atteint » ses objectifs de réformes voulues par ses créanciers. De bons résultats qui va permettre à l’Eurogroupe, lundi, à Bruxelles, de mener des « premières discussions » sur un aménagement possible de la dette du pays.

« Nous en sommes à l’heure actuelle à la première revue du programme et les objectifs sont pratiquement atteints », a ainsi estimé M. Juncker dans le cadre d’un entretien accordé aux journaux allemands du Funke Mediengruppe.

Pour rappel, les créanciers avaient fait de cette « revue » un préalable à toute discussion sur la dette grecque, l’opération permettant d’évaluer l’avancement des réformes menées en Grèce en contre partie du prêt international accordé au pays à l’été 2015. Mais, après des mois de discussions, ces réformes n’ont pas encore reçu le précieux va-tout, compte-tenu principalement des divergences entre l’Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI).

Lundi, l’Eurogroupe, qui rassemble les 19 ministres des finances de la zone euro, doit à cette occasion faire le point sur le programme de réformes d’Athènes et sur un nouvel ensemble de mesures susceptibles d’être mises en œuvre afin de pouvoir atteindre les objectifs budgétaires fixés pour 2018. La validation de l’avancement des réformes par les créanciers  permettrait de débloquer de nouveaux prêts à Athènes, ouvrant ainsi la voie à des pourparlers sur un allègement du fardeau de la dette.

Jean-Claude Juncker a par ailleurs déclaré dimanche que lors de cette réunion, les ministres allaient «  également mener des premières discussions sur la manière dont on peut rendre la dette de la Grèce soutenable à long terme ». Vaste sujet … Il a toutefois tenu à rappeler qu’une réduction pure et simple de la dette n’est pas à l’ordre du jour.

Une déclaration qui emboîte le pas à celles du ministre grec des finances Euclide Tsakalotos. Samedi, ce dernier a exhorté ses pairs de la zone euro à approuver les réformes effectuées par son pays, et à abandonner les 3,6 milliards d’euros de mesures additionnelles réclamées par les créanciers pour valider leur évaluation.

Dans une lettre aux ministres des Finances de la zone euro, la Présidente du Fonds Monétaire International (FMI), Christine Lagarde, a quant à elle redit vendredi que l’institution qu’elle dirige jugeait très difficile à atteindre l’objectif d’excédent budgétaire primaire réclamé à Athènes. « Nous pensons que des mesures spécifiques, une restructuration de la dette et des financements doivent faire l’objet de discussions simultanées » a-t-elle ainsi déclaré. Selon elle, les ministres des Finances de la zone euro vont devoir mener des discussions sur un allègement de la dette grecque en même temps que celles sur les réformes entreprises par Athènes.

Dans une lettre publié vendredi et dont a eu connaissance le Financial Times , la directrice a redit que le FMI jugeait très difficile à atteindre et « potentiellement contre-productif » l’objectif d’un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) de 3,5% du produit intérieur brut (PIB) en 2018. Le FMI se contenterait d’un excédent primaire de 1,5% du PIB. « Le Fonds ne s’associerait pas au programme d’aide financière à la Grèce si les objectifs budgétaires n’étaient pas réalistes et si le fardeau de la dette n’était pas allégé », a également ajouté Christine Lagarde.

Vendredi,  les Grecs ont entamé une grève générale de 48 heures à l’appel des principaux syndicats du secteur privé et de la fonction publique en vue de protester contre les réformes concernant fiscalité et retraite que le Parlement devrait voter dimanche sous la pression des créanciers d’Athènes. A cette occasion, le principal syndicat du secteur privé, GSEE, a qualifié les réformes examinées au Parlement de « dernier clou dans le cercueil » des salariés et retraités, lesquels ont d’ores et déjà payé un lourd tribut durant six années d’austérité.

Rappelons enfin que la Grèce a un besoin urgent de liquidités pour rembourser environ cinq milliards d’euros de dette arrivant à échéance d’ici à la mi-juillet.

Sources : AFP, FT, Reuters

Elisabeth Studer – 8 mai 2016 – www.leblogfinance.com

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