Hoffmann Green Cement veut valoriser en Bourse son modèle de ciment décarboné

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Hoffmann Green Cement vise Euronext Growth

(BFM Bourse) – La production de ciment est aujourd’hui excessivement coûteuse en énergie, en raison de l’extraction du calcaire et de la phase de chauffage. Pour la première fois depuis 200 ans, Hoffmann propose une nouvelle technique à froid qui permet de diviser par cinq les émissions totales de CO2.

Il s’agit tout simplement du matériau manufacturé le plus utilisé au monde (et le deuxième le plus utilisé tout court après l’eau !), mais sa fabrication -monstrueusement gourmande en énergie- est restée immuable. Aujourd’hui comme il y a 200 ans, fabriquer du ciment nécessite de chauffer du calcaire (gypse) extrait de carrières à plus de 1400 degrés dans des fours réfractaires pendant 18 heures, pour obtenir un matériau intermédiaire, appelé clinker, ensuite mélangé et broyé pour aboutir à du ciment prêt à expédier sur tous les chantiers du monde. Autant dire que le bilan carbone est épouvantable: pas loin d’une tonne de CO2 rejetée pour chaque tonne de ciment produite…

La technologie développée par Hoffmann Green Cement, qui s’introduit en Bourse jusqu’au 15 octobre, offre donc un potentiel de rupture considérable. La société vendéenne a mis au point un processus de fabrication à froid qui permet de fabriquer du ciment à partir de co-produits de différentes industries. Il s’agit notamment du laitier (des scories de haut-fourneaux), d’argile flashée (issue de boues), ainsi que de désulfogypse (gypse issu de la désulfuration des fumées de centrales au charbon) ou de gypse provenant de déblais de chantier. La technologie Hoffmann, brevetée, permet de produire un ciment presque décarboné, c’est-à-dire une empreinte carbone divisée par cinq sur l’ensemble du processus par rapport à la technique classique (avec cette nouvelle technique c’est en fait le transport du produit qui représente l’essentiel des émissions).

L’objectif de produire 550.000 tonnes par an en 2024

En 18 mois, la société a bâti un premier site de production, d’une capacité de 50.000 tonnes annuelles. Mais le carnet de commande, avec des donneurs d’ordre tels qu’Eiffage, Bouygues, LG Béton, Terreal etc., atteint déjà 150.000 tonnes réparties jusqu’en 2025. Hoffmann Green Cement arrive donc en Bourse pour lever 55 millions d’euros (jusqu’à 72,7 millions en cas d’exercice intégral de la clause d’extension et de l’option de surallocation), sur la base du point médian de la fourchette de prix comprise entre 15,66 et 19,14 euros par action, afin de financer la construction de deux nouveaux sites, aux capacités encore plus importantes. L’objectif est une mise en service en 2022 et 2023 respectivement pour d’atteindre en 2024 une capacité de 550.000 tonnes de ciment par an en pleine charge – ce qui correspond à 3% du marché français. À cet horizon, Hoffmann Green Cement espère atteindre 120 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec une marge d’exploitation de l’ordre de 40%.

Une feuille de route ambitieuse à l’appui des prétentions de Hoffmann Green Cement, qui vise implicitement plus de 200 millions d’euros de capitalisation, ce qui en ferait l’une des plus grosses sociétés de son segment Euronext Growth. Mais d’ores et déjà, l’entreprise a reçu des engagements de souscription de la part de sociétés de gestion, d’industriels et de la CDC qui représentent déjà 65% du montant de base demandé.

Guillaume Bayre – ©2019 BFM Bourse

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