Immobilier: vous pourriez bientôt « gagner » de l'argent en empruntant

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Si on tient compte de l’inflation, il n’a jamais coûté aussi peu cher en France d’emprunter pour acheter son appartement ou sa maison. En mai, les taux moyens des crédits immobiliers, toutes durées confondues, sont tombés à 1,46%, selon les données de l’Observatoire Crédit Logement / CSA. Mais si on tient compte de l’inflation actuelle, les taux réels flirtent plutôt avec le seuil du 0%!  

La hausse des prix est en effet un élément crucial à prendre en compte. Ce n’est pas la même chose d’emprunter à 10% si les prix progressent de seulement 1% par an ou s’ils bondissent de 9% chaque année. Or, lorsqu’on compile les données de Crédit Logement / CSA pour les comparer à l’inflation (voir méthodologie ci-dessous), les taux d’intérêt réels sur les crédits immobiliers ont chuté en deux ans, passant de 1,95% en janvier 2016 à 0,13% en mai dernier.

Evolution des taux d'intérêt réel pour les crédits immobiliers

Autrement dit, jamais le crédit immobilier n’a été aussi bon marché depuis au moins 2007, y compris lorsque les taux d’intérêt nominaux étaient encore plus bas, avec un plancher record à 1,28% en novembre 2016. Pourquoi? Tout simplement parce que l’inflation à cette époque était beaucoup plus basse.

Et si l’indice des prix à la consommation continue de progresser à ce niveau pendant encore quelques mois, les taux d’intérêt réels pourraient même devenir… négatifs. Ce qui vous permettrait de « gagner » de l’argent en vous endettant. Plus précisément, ce que vous remboursez à votre banque, même avec les intérêts, aurait alors moins de valeur que ce vous avez emprunté. Car la monnaie utilisée pour régler vos mensualités a de moins en moins de valeur, et cela n’est plus compensé par le taux exigé. Ces taux d’intérêt réels proches de zéro ou négatifs sont donc particulièrement favorables aux emprunteurs.

Mais comment expliquer que les taux d’intérêt réels soient si bas? D’un côté, la hausse des prix de l’énergie (liée notamment au rebond du cours du pétrole) et celle des prix alimentaires poussent l’inflation. De l’autre côté, la politique de la Banque centrale européenne est toujours très accommodante et tire les taux vers le bas. En outre, les banques se livrent une concurrence féroce pour attirer les clients, dans un contexte où la demande des Français sur l’immobilier a tendance à baisser. De quoi ravir les ménages qui souscrivent un crédit en ce moment.

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