Irak : exportations de pétrole au plus bas, prix à payer pour mieux sauter

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Voilà qui devrait plaire – dans un premier  temps –  aux pays producteurs de pétrole « attachés » à un prix de baril permettant d’assurer leur manne pétrolière, tels que l’Arabie saoudite.

Selon le ministère du Pétrole irakien, les exportations de brut du pays ont enregistré en septembre leur baisse la plus importante en 19 mois. Une chute conséquente qui serait due selon lui à des projets de maintenance et d’amélioration dans les ports du pays.
Le mois dernier, l’Irak a ainsi exporté 62,1 millions de barils de pétrole, soit environ 2,07 millions de barils par jour (bpj), a ainsi indiqué le porte-parole du ministère Assem Jihad.

Conséquence notable : alors que les exportations de brut assurent la presque totalité des revenus du gouvernement irakien, elles n’auront rapporté « que » 6,5 milliards de dollars en septembre, ce qui constitue la somme la plus basse enregistrée en plus d’un an.

En août dernier, les exportations avaient atteint un niveau moyen de 2,57 millions bpj, procurant 8,3 milliards de dollars de revenus, le meilleur résultat mensuel depuis janvier 2013.

Un mois de septembre certes synonyme de baisse, mais quelque en sorte le prix à payer pour pouvoir gagner davantage à terme, stratégie qui cette fois-ci devrait grandement déplaire à l’Arabie saoudite.

Selon le ministre, la chute enregistrée en septembre est en effet grandement liée aux projets visant à mettre en oeuvre de nouvelles installations flottantes de stockage du pétrole, le but final étant d’augmenter les capacités d’exportation.

A la mi-octobre, Hussein al-Shahristani, vice-premier ministre irakien chargé de l’Energie, a ainsi déclaré que l‘Irak entendait porter ses exportations de pétrole à 4 millions de barils par jour d’ici la fin du premier trimestre 2014. Ajoutant que son pays s’engagerait dans la concurrence avec son voisin, l’Arabie Saoudite, pour les marchés asiatiques.

A l’heure actuelle, l’Irak produit actuellement environ 3,3 millions de barils par jour et peut augmenter sa production pétrolière jusqu’à 3,5 millions de barils par jour d’ici la fin de l’année en cours, si l’en croit le gouvernement irakien. Le pays exporte sa production principalement vers l’Asie (60%), les Etats-Unis (20%) et l’Europe (20%).  Selon l’Agence américaine d’information sur l’Energie (EIA), l’Arabie Saoudite a exporté en moyenne pour sa part 7,5 millions bpj en 2012.

Début octobre, Shell a inauguré le gisement pétrolier de Majnoon, dans le sud de l’Irak, une production de 175.000 barils de pétrole par jour étant attendue dans les prochaines semaines.
Shell et le groupe malaisien Petronas détiennent respectivement 45% et 30% du gisement de Majnoon, l’Etat irakien contrôle les 25% restants. Les deux groupes pétroliers se sont engagés à atteindre une production de 1,8 million de barils par jour.

Rappelons que l’Irak est en concurrence avec l’Iran en vue d’obtenir la deuxième place au sein de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Selon la BP Statistical Review of World Energy, le pays possède 9% des réserves mondiales de brut. Selon l’AIE (Agence internationale de l’énergie), la production irakienne devrait avoisiner 6 m b/j en 2020.

Sources : AFP, Dow Jones Newswires, Ria Novosti

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com  – 27 octobre 2013


Le Blog Finance

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