Iran : des opportunités économiques à développer

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Les négociations sur le dossier nucléaire iranien continuent de se poursuivre tandis que dans le même temps la population iranienne souffre toujours de l’impact des sanctions économiques. L’Iran, qui connaît pourtant un taux d’inflation élevé ainsi qu’un nombre important de chômeurs, ne baisse pas les bras. En effet, ce pays qui possède de réels atouts économiques appelle à l’aboutissement d’un accord sur le dossier nucléaire et surtout à la levée des sanctions qui freinent son développement.

Un pays pragmatique et rationnel

Les sanctions économiques qui pèsent sur l’Iran on fait comprendre que la politique étrangère du pays avait un réel impact sur l’économie du pays, comme l’a indiqué l’ancien président iranien Hachémi Rafsandjani. Or l’Iran est une nation qui reste pragmatique et rationnelle, d’où son désir de voir aboutir une levée des sanctions et l’aboutissement d’un accord sur le nucléaire. Le moment est sans doute propice compte tenu de la volonté d’ouverture vers l’extérieur du régime. Le Guide suprême Khamenei, numéro un du pays, ainsi que le président Hassan Rohani, ont compris que sans la levée des embargos, notamment sur les exportations du pétrole, l’avenir du pays était incertain. Sans oublier que la stabilité du régime serait préservé si l’économie redémarrait. La population iranienne est composée de plusieurs couches mais il est important de comprendre que la société iranienne est une société moderne. La classe moyenne iranienne possède des réflexes de consommation semblables aux Européens et aux Américains. Par exemple, tous les jeunes Iraniens connaissent parfaitement les séries télévisées américaines, ce qui aux vues de l’histoire peut apparaître surprenant. La population iranienne est également éduquée, et élément intéressant, beaucoup de filles vont à l’université. Elles sont actuellement plus nombreuses sur les bancs de l’université que les garçons. Il existe une culture de l’éducation des femmes très forte dans ce pays perse, beaucoup plus que dans certains pays arabes. Bien sûr, cela ne peut pas faire oublier les interdictions réelles que les Iraniens connaissent à cause d’une juridiction dure ainsi que l’existence d’un régime religieux fort.

Des atouts économiques à révéler

Néanmoins, l’Iran possède des atouts économiques certains qui peuvent la placer dans une nouvelle sphère d’influence au Moyen-Orient. Un élément majeur de son économie est le secteur des ressources naturelles. L’Iran possède les secondes réserves de gaz naturel et les troisièmes réserves de pétrole au monde. Des ressources minières sont également présentes en quantité sur son territoire, ce qui explique une importante exploitation de zinc et de manganèse. Mais l’Iran ne peut exporter ces ressources, comme le pétrole, du fait de l’embargo instauré contre elle dans le panel des sanctions économiques. Le pays pourrait donc devenir un fournisseur potentiel important du marché européen ou asiatique en cas de levée des sanctions.

Le domaine agricole et des services sont également sources d’encouragement. Les progrès en science ont permis de réaliser des transformations génétiques sur certaines pousses, notamment de riz, pour obtenir les meilleurs rendements au monde. Le progrès scientifique a également profité au secteur de l’informatique et des nouvelles technologies. Le secteur médical iranien mondialement reconnu profite donc de certains équipements de pointes. Pour le secteur tertiaire, les petites entreprises se développent de plus en plus, via le marché noir pour contourner les embargos. Ces domaines pourraient révéler au monde les vraies forces de l’économie iranienne qui tournent au ralentie depuis que le pays est sous embargo et ne peut exporter.

Enfin, le tourisme est un atout majeur qui commence à se (re)développer malgré les sanctions internationales et le régime en place. Les touristes européens sont les plus nombreux à se rendre en Iran. Les différents ministères du pays se préoccupent beaucoup de ce secteur dont ils veulent tirer le maximum de bénéfices. C’est pour cela que des travaux d’infrastructures comme des routes supplémentaires et/ou restaurées ainsi que de nombreux hôtels se construisent. Avec douze sites inscrits au patrimoine de l’Unesco et une histoire qui remonte à l’antiquité, l’Iran peut défendre sa position de destination sûre et culturelle au sein du Moyen-Orient. Il ne faut pas oublier que le tourisme intérieur est également en expansion surtout depuis l’avènement des congés payés, même si un manque de ligne aérienne intérieure handicape les déplacements dans le pays.

Une diplomatie active

Le rôle de la diplomatie est également essentiel pour l’avenir de l’économie iranienne. En effet la diplomatie facilite certains partenariats économiques. Un principe récurrent dans les relations internationales est que les pays qui comptent le plus dans les négociations sont ceux vers lesquels on se tourne. Ce principe vaut aussi pour l’établissement de partenariats économiques. Cette règle s’applique à la France dans son engagement pendant les négociations menées avec le groupe 5 + 1 (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Russie, Chine et l’Allemagne) sur le nucléaire. En effet, début novembre 2013 la France affichait son refus sur l’aboutissement d’un accord qui, selon le ministre des Affaires étrangères, n’était pas satisfaisait pour toutes les parties. Finalement, un accord intermédiaire était trouvé peu de temps après. Cette assise diplomatique, qui a permis d’obtenir un accord intermédiaire satisfaisant pour toutes les parties, est un élément dont la France devra user dans la perspective de voir naître une relation économique privilégiée entre Paris et Téhéran si les sanctions devaient tomber.

Certains obstacles demeurent pourtant. Le président américain Barack Obama qui était un défenseur du dialogue avec l’Iran se voit stoppé par le Congrès dont la majorité est républicaine. Son allié Israël ne voit pas non plus d’un très bon œil toutes ces tractations diplomatiques avec l’Iran. Cela s’explique notamment parce que l’ancien président iranien Mahmoud Ahmadinejad, a plusieurs fois affiché haut et fort son désir de « rayer Israël de la carte ». Mais ce discours semble ne plus exister du côté de Téhéran qui a compris que l’ouverture politique et économique était sa meilleure chance pour garantir l’avenir de son pays et sans doute de son régime. Enfin, les possibilités économiques évoquées ainsi que les relations diplomatiques de l’Iran avec les puissances du monde mettent mal à l’aise l’Arabie Saoudite qui ne souhaite absolument pas voir s’affirmer une puissance chiite au Moyen-Orient.

 

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