Kandu traque l'inconfort des bureaux

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C’est un lieu enviable au pied du Centre Pompidou, à Paris, un ancien atelier d’architecte doté d’une large verrière. Mais lorsque la société Laptop l’intègre en octobre 2017 pour y déployer ses formations sur le design, horreur : les hauts murs et la surface de verre génèrent de sournoises réverbérations. Résultat , « un brouhaha très fatigant au long des huit heures d’échanges quotidiens » , se souvient Samuel Rousse-lier, directeur associé de Laptop. Pour aménager les locaux, les équipes se tournent vers Kandu, une société née quelques mois plus tôt au sein de Saint-Gobain. Avec son « kandumètre » aux allures d’enceinte connectée et bourrée de capteurs, la jeune pousse mesure l’acoustique, les variations thermiques, la qualité de l’air intérieur et l’éclairage. Elle y ajoute une couche d’étude qualitative, au moyen de questionnaires auprès des salariés.

« Et nous allons jusqu’au bout de l’accompagnement, jusqu’à la réalisation de nos préconisations, enchoisissant avec les clients les matériaux les plus adaptés » , insiste Clara Getzel, fondatrice de Kandu. C’est ainsi que pour Laptop des écrans acoustiques ont été suspendus à la verrière et accolés aux murs, évoquant une multitu…

ompidou, à Paris, un ancien atelier d’architecte doté d’une large verrière. Mais lorsque la société Laptop l’intègre en octobre 2017 pour y déployer ses formations sur le design, horreur : les hauts murs et la surface de verre génèrent de sournoises réverbérations. Résultat , « un brouhaha très fatigant au long des huit heures d’échanges quotidiens » , se souvient Samuel Rousse-lier, directeur associé de Laptop. Pour aménager les locaux, les équipes se tournent vers Kandu, une société née quelques mois plus tôt au sein de Saint-Gobain. Avec son « kandumètre » aux allures d’enceinte connectée et bourrée de capteurs, la jeune pousse mesure l’acoustique, les variations thermiques, la qualité de l’air intérieur et l’éclairage. Elle y ajoute une couche d’étude qualitative, au moyen de questionnaires auprès des salariés.

« Et nous allons jusqu’au bout de l’accompagnement, jusqu’à la réalisation de nos préconisations, enchoisissant avec les clients les matériaux les plus adaptés » , insiste Clara Getzel, fondatrice de Kandu. C’est ainsi que pour Laptop des écrans acoustiques ont été suspendus à la verrière et accolés aux murs, évoquant une multitude de tableaux de Mark Rothko.

Veille sur les innovations

Promis, Kandu n’est pas un faux nez marketing de Saint-Gobain destiné à placer les produits de la firme : ces derniers ne compteraient d’ailleurs que pour 20 % des matériaux utilisés in fine par les clients. La start-up développe d’ailleurs sa propre veille sur les innovations. « Le service proposé est assez premium, plus cher que le recours à un simple acousticien , note Samuel Rousselier. Mais l’avantage, c’est que l’on dispose d’un interlocuteur unique tout au long d’une démarche qui étudie, globalement, les conditions de confort du lieu. » L’Association des directeurs de l’environnement de travail (Arseg), qui a décerné un trophée de l’innovation à la jeune entreprise, estime, en outre, que Kan-du s’est astucieusement placé sur un créneau jusqu’alors négligé par les bureaux d’études, puisque ces derniers se concentrent davantage sur la qualité des bâtiments et le respect des normes.

Partenariats publics

Kandu a ainsi mené 300 campagnes de mesures dans des services d’accueils (Air France), des restaurants (comme l’étoilé Septime) et des commerces (le coiffeur Carita). Problème : cette clientèle est aujourd’hui durement impactée par la crise. Aussi, pour ne pas relâcher la dynamique et pour que sa jeune pousse gagne encore en visibilité, notamment auprès des grands groupes qui entrent désormais dans sa cible, Saint-Gobain tente un coup : le groupe a annoncé le 13 octobre que le service Kandu sera offert dans les bâtiments publics qui comptent engager une rénovation, depuis les crèches jusqu’aux hôpitaux. « Nous sommes en discussion avec plusieurs acteurs publics » , confie Clara Getzel. Des projets encore embryonnaires qui pourraient toutefois donner lieu à des premières réalisations de diagnostics d’ici à la fin de l’année.

Saint-Gobain tient à voir croître sa jeune pousse. Kandu permet en effet de développer in situ une méthode scientifique, permettant de mesurer l’amélioration de la qualité de vie dans un bâtiment. Précieux pour le fabricant d’isolants de toutes sortes. « Kandu nous offre aussi la possibilité de comprendre les préoccupations de nos utilisateurs finaux, ceux qui choisissent nos matériaux mais avec lesquels nous n’avons pas de contacts directs, souligne Armand Ajdari, directeur de la recherche de Saint-Gobain. Nous saisissons ainsi mieux les raisons qui déclenchent des rénovations. » Voilà qui vaut bien quelques diagnostics gratuits dans les bâtiments publics.

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