La Bourse de Paris finit en léger repli (-0,16%), toujours maussade

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La Bourse de Paris a terminé en léger repli mardi (-0,16%), le marché ne parvenant pas à trouver un nouveau souffle pour s’affranchir des incertitudes liées à la crise de la devise turque.

L’indice CAC 40 a cédé 8,91 points pour terminer à 5.403,41 points, dans un volume d’échanges modéré, de 2,8 milliards d’euros. La veille, le CAC 40 avait fini quasiment stable (-0,04%).

Après un démarrage dans le vert, la cote parisienne est restée bien orientée une partie de la séance avant de marquer le pas, rattrapée par la prudence.

« La politique prend le pas sur la macroéconomie », souligne auprès de l’AFP Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuille chez Mirabaud France.

La livre turque, qui a perdu cette année plus de 40% de sa valeur face au dollar et à l’euro, s’est effondrée vendredi sur fond de crise diplomatique entre Ankara et Washington, provoquant l’inquiétude des places financières.

Or, aucune issue à la crise ne semble se profiler à l’horizon pour le moment. Ainsi, le président Recep Tayyip Erdogan a annoncé mardi que son pays boycotterait les appareils électroniques américains, poursuivant une escalade des tensions avec les Etats-Unis.

Toutefois, nuance Frédéric Rozier, « il ne faut pas tout résumer au phénomène turc, d’autant plus que la dépendance de l’Europe par rapport à la Turquie est relativement faible ».

La situation politique italienne, où le gouvernement prépare le budget 2019, incitait également les investisseurs à la circonspection.

« C’est un cocktail d’inquiétudes dans une journée sans volume », souligne M. Rozier. En outre, poursuit-il, « la hausse du dollar commence à avoir un impact considérable sur les pays émergents qui commencent à souffrir ».

Car pour le spécialiste, au-delà de la crise turque, l’appréciation du dollar pose « des questions sur des déséquilibres de balance budgétaire et d’hyperinflation dans les pays émergents ».

« Pour que les marchés se stabilisent, il est important que le dollar évite une remontée trop forte dans les prochains jours », ajoute-t-il.

Bancaires toujours en berne

Sur le plan des indicateurs, l’agenda était beaucoup plus fourni que la veille.

La croissance économique est restée en berne au deuxième trimestre en zone euro, avec une petite progression du Produit intérieur brut de 0,4%. La production industrielle a, quant à elle, enregistré une baisse de 0,7% en juin, après une hausse de 1,3% en mai.

En Allemagne, la croissance a accéléré plus qu’attendu au deuxième trimestre, avec une progression de 0,5% du PIB.

Le taux d’inflation allemand s’est élevé à 2,0% en juillet sur un an, soit un léger ralentissement, tandis qu’il a atteint 2,3% pour la même période en France, ce qui représente une légère accélération.

Aux Etats-Unis, les prix des produits importés sont restés inchangés en juillet, maintenus à ce niveau par une hausse des prix de l’énergie.

En matière de valeurs, les titres des banques sont demeurés dans le rouge comme lors des précédentes séances. BNP Paribas a reculé de 0,29% à 51,86 euros, Crédit Agricole a cédé 1,66% à 11,83 euros et Société Générale 0,86% à 35,55 euros.

De même, les titres du secteur des matières premières ont fini en terrain négatif, à l’instar d’ArcelorMittal (-0,51% à 26,15 euros), d’Eramet (-0,92% à 81,05 euros), de Total (-1% à 53,55 euros) et de TechnipFMC (-1,74% à 25,45 euros).

Les valeurs du luxe ont, elles, terminé globalement bien orientées. LVMH a gagné 0,86% à 300,05 euros et Hermès 1,13% à 554,80 euros. Toutefois, Kering a cédé 0,45% à 464,20 euros.

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