La réforme fiscale US provoque une chute des flux d'IDE mondiaux-OCDE

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PARIS, 27 juillet (Reuters) – Les flux sortants d’investissements directs à l’étranger (IDE)dans le monde ont chuté en flèche sur les trois premiers mois de 2018 par rapport au trimestre précédent, un effondrement largement imputable aux effets de la réforme fiscale américaine, selon une étude de l’OCDE publiée vendredi.

D’après l’Organisation de coopération et de développement économiques, à l’échelle mondiale, le montant total des flux sortants d’IDE a reculé de 44% sur la période, passant de 242 milliards de dollars lors du dernier trimestre 2017 (environ 208 milliards d’euros) à 136 milliards au premier trimestre 2018.

Ce plongeon est en grande partie lié aux flux d’IDE au niveau des Etats-Unis, passés dans le rouge en début d’année pour la première fois depuis le quatrième trimestre 2005, à -145 milliards de dollars, ce qui signifie que les entreprises américaines ont massivement procédé à des rapatriements de capitaux depuis leurs filiales à l’étranger plutôt qu’à des investissements à l’international.

Ces opérations constituent une conséquence directe du Tax Cuts and Jobs Act adopté en décembre dernier par le Congrès américain à majorité républicaine. Cette réforme a permis aux entreprises américaines de profiter d’un effet d’aubaine en rapatriant leur trésorerie accumulée à l’étranger à un taux donné et sans pénalité.

« Les Etats-Unis sont traditionnellement le plus grand investisseur au monde. Donc lorsque leurs flux sortants d’IDE deviennent négatifs ça a un impact très important sur les flux à l’échelle mondiale », a déclaré à Reuters Maria Borga, statisticienne de la division des investissements de l’OCDE.

« A ce stade, les rapatriements de capitaux concernent principalement leurs actifs financiers et de la trésorerie et cela ne devrait probablement pas avoir un impact immédiat en termes d’emploi ou de valeur ajoutée pour leurs activités à l’étranger », a-t-elle expliqué.

A plus long terme, l’impact de cette réforme fiscale est difficile à prévoir, du fait de sa complexité, mais ses répercussions pourraient être significatives et durables, selon cette étude.

« Nous ne savons pas vraiment ce qui va se produire à long terme, mais la réforme a vraiment modifié bon nombre d’avantages fiscaux », a souligné Maria Borga.

La baisse du taux de l’impôt sur les sociétés (IS) provoquée par cette réforme pourrait par exemple renforcer l’attractivité des Etats-Unis pour les investissements en provenance d’autres pays.

Autre hypothèse avancée par la chercheuse: d’autres pays pourraient être tentés d’emboîter le pas aux Etats-Unis et de prendre des mesures comparables, ce qui influencerait également les flux d’investissements.

Selon Maria Borga, c’est le Japon qui est devenu le principal investisseur en termes de flux sortants d’IDE à la place des Etats-Unis au premier trimestre. (Michel Rose, Myriam Rivet pour le service français, édité par Bertrand Boucey)


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