Le canadien Benjamin Smith s'apprête à prendre la tête d'Air France

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La nomination d’un nouveau PDG pour Air France-KLM pourrait intervenir lors d’un conseil d’administration convoqué jeudi, indique le quotidien français Libération mercredi, qui donne pour favori Benjamin Smith, numéro deux d’Air Canada.

Contactée par l’AFP, Air France-KLM s’est bornée à indiqué que « le processus de nomination continue », mais que « rien n’est décidé pour l’instant », sans confirmer la tenue d’un conseil d’administration jeudi.

L’ancien PDG Jean-Marc Janaillac a démissionné il y a plus de trois mois, le 4 mai, après avoir été désavoué lors d’une consultation du personnel sur un accord salarial. Il a été provisoirement remplacé par Anne-Marie Couderc.

La nomination d’un Canadien, évoquée depuis plusieurs jours dans le Monde et d’autres médias, serait inédite pour Air France-KLM, qui privilégiait jusqu’ici des dirigeants français.

L’homme, employé depuis 2002 chez Air Canada, est responsable des transports aériens de la compagnie et chef de l’exploitation. Il est surtout réputé pour avoir signé avec les deux syndicats représentant les personnels navigants des accords sur l’organisation d’Air Canada et sa low cost Air Canada Rouge sur une durée de dix ans.

Sa fiche biographique sur le site d’Air Canada le présente comme « le visionnaire de l’expansion stratégique et diversifiée du réseau mondial d’Air Canada », et « le principal architecte » de la transformation de l’aéroport de Toronto comme plaque tournante internationale d’Air Canada, avec ses deux aéroports connexes, Vancouver vers le Pacifique, et Montréal vers l’Europe francophone.

Même sans confirmation officielle, la tenue du CA est prise au sérieux par les syndicats d’Air France.

FO Air France s’en est pris mercredi sur Twitter à « l’augmentation de 300% » du salaire qui serait accordé à ce futur patron si sa nomination est confirmée. « Tout ceci se passe bien évidemment pendant le pont du 15 août » raille le syndicat.

La piste Ben (son surnom) Smith est sévèrement critiquée par Philippe Evain, le président du SNPL, premier syndicat de pilotes d’Air France KLM, qui avait estimé début août que le nommer serait « une grave erreur ».

Mercredi, il ajoute, également sur Twitter, que le CA d’Air France KLM « joue la politique du pire » en livrant « les clés d’Air France aux américains ».

Côté néerlandais, le syndicat de pilotes de ligne VNV a aussi renforcé la pression en donnant à KLM jusqu’à vendredi pour répondre à ses demandes d’allégement de la charge de travail et d’augmentation des salaires, et en menaçant de « quinze jours de grève », rapportait lundi le quotidien néerlandais De telegraaf.

Sur le plan social, les négociations entre la compagnie et ses pilotes sont dans une impasse depuis que les pilotes ont rejeté en mai un projet d’accord.

Sur le plan boursier, depuis le début de l’année, l’action Air France a plongé de plus de près de 35%. Le 29 décembre 2017, dernier jour de cotation de 2017, le titre valait 13,58 euros. Mercredi, il ne cotait que 8,86 euros.

La chute de l’action Air France KLM s’est surtout opérée entre janvier et début mai. Après le départ de M. Janaillac, elle a arrêté de baisser, et stagné aux alentours de 7 euros, entamant une légère remontée depuis la mi-juillet.

(Avec AFP)

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