Le Collectionist lève 10 millions de dollars

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Evidemment, avec un panier moyen de 26.000 euros pour 10 nuitées, Le Collectionist avait toutes les chances de séduire la famille Pinault, très investie dans le luxe avec Gucci, Yves Saint-Laurent ou encore château Latour. Son nouveau fonds d’investissement Red River West va investir 10 millions de dollars, aux côtés de Partech Ventures et XAnge, dans cette start-up spécialiste de la location de vacances très haut-de-gamme. « Notre objectif est d’accompagner des entreprises françaises qui ont fait leurs preuves en Europe qu’elles se développent aux Etats-Unis », explique Alban Gréget, directeur des investissements chez Artémis. Une équipe de trois entrepreneurs-investisseurs basée à Los Angeles, menée par Alfred Véricel, fondateur de Bestofmedia, les aidera à conquérir ce vaste marché.

Jusqu’à 500.000 euros pour un mois à Saint-Tropez

Le Collectionist, créé en 2012 par Olivier Cahané, Max Aniort et Eliott Cohen-Skalli, a déjà en catalogue quelque 2.300 villas et appartements de luxe dans une centaine de pays. Comme la villa Salomé à Ibiza à plus de 19.000 euros la nuit ou le chalet des Sens à Megève à plus de 18.000 euros. Outre cet inventaire très élitiste, la société propose aussi des services exceptionnels comme la mise à disposition d’un chef cuisinier, l’organisation d’une chasse au trésor aquatique ou une leçon d’équitation avec un médaillé olympique. Pour être sûr de la qualité de ses prestations, Le Collectionist liste plusieurs centaines de prestations dans chaque location comme la présence d’un jacuzzi, d’un home cinéma mais aussi d’une piste pour hélicoptère.

Des représentants locaux pour dénicher les plus belles villas

« Nous avons une connaissance très fine des maisons que nous inspectons avec nos destination managers », explique Max Aniort. Le Collectionist a ainsi ouvert une quinzaine de bureaux dans des sites touristiques comme Ibiza où il vient d’ailleurs de racheter la société Bonder. « Ces implantations nous permettent d’identifier les bons acteurs locaux et les plus belles propriétés, continue-t-il. Nous souhaitons en avoir une centaine d’ici à 2020, y compris bien sûr aux Etats-Unis, à commencer par Miami. » Pour se rémunérer, la start-up prélève une commission de 20% en moyenne sur le prix du séjour. Elle n’est pas encore bénéficiaire.

Un marché émietté estimé d’environ 30 milliards de dollars 

Grâce à l’argent levé, les trois start-uppers veulent améliorer l’expérience client avec une meilleure utilisation des datas. Et les fidéliser avec une marque garante d’un service haut-de-gamme. Ils souhaitent aussi enrichir rapidement leur catalogue en répertoriant les plus belles résidences aux quatre coins du monde. « Cela crée une barrière à l’entrée pour les poursuivants », explique Alban Gréget. Enfin, l’objectif est d’avoir une offre très internationale comme l’est leur clientèle. Car même si le marché de la location de luxe est encore très émietté, la course est lancée avec Airbnb, et sa filiale Luxury Retreats, et AccorHotels, avec Onefinestay. « Ils pèsent à eux deux environ 500 millions de dollars en volume d’affaires sur un marché estimé à près de 30 milliards », indique Max Aniort. De quoi faire rêver les investisseurs.

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