Le Livret A au taux de 1,75% moins intéressant pour 50% des Français

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Suite à l’annonce de la baisse du taux de rémunération du Livret A, de 2,25 à 1,75% au 1er février 2013, 41% des Français envisagent d’épargner ailleurs que sur ce livret défiscalisé. Selon un sondage Ifop pour la radio Alouette, 8% songent à consommer davantage au détriment de leur épargne.

La baisse du taux Livret A ne se fera pas sans effet sur l’épargne des Français. Selon un sondage réalisé par l’Ifop pour la radio Alouette, près de la moitié des personnes interrogées estiment qu’elles vont moins épargner sur leur Livret A, pourtant considéré comme le placement privilégié des Français.

La confirmation de la diminution de la rémunération du Livret A de 2,25 à 1,75%, actée par le ministre de l’Economie et des Finances Pierre Moscovici mardi 15 janvier, devrait considérablement modifier le comportement d’épargne des Français. En réponse à cette dévalorisation, 41% des sondés envisagent tout simplement d’épargner autant, mais ailleurs que sur leur livret d’épargne réglementée. Plus radical encore, 8% des personnes interrogées jugent qu’elles épargneront moins et consommeront plus. Ces réponses ne constituent pas pour autant une surprise puisqu’elles atteignent les mêmes proportions qu’en juillet 2003, lorsqu’un sondage similaire avait été mené avant la dégradation du taux du Livret A de 3 à 2,25%.

60% des indépendants vont procéder à des arbitrages

L’évolution dans le comportement des épargnants n’est cependant pas identique selon les classes d’âge. Si 54% des 18-24 ans prévoient de moins épargner sur leur Livret A au profit d’un autre placement, seuls 35% des 50 ans et plus envisagent de faire de même. Inversement, chez les 65 ans et plus, 59% déclarent ne pas avoir l’intention de changer leurs habitudes et de continuer de grossir leur bas de laine par l’intermédiaire du Livret A. Finalement, la population la plus affectée par la baisse de la rémunération du chouchou des Français se trouve être celle des travailleurs indépendants et des chefs d’entreprise, qui anticipent une réorientation de leur épargne vers un autre produit dans 60% des cas. Une statistique peut être liée à la possibilité d’épargner sur d’autres supports plus rémunérateurs ou avantageux sur le plan fiscal comme les contrats d’épargne retraite Madelin ou l’assurance vie. De plus, 10% des TNS déclarent qu’ils épargneront moins sur leur Livret A pour favoriser leur consommation.

Ce sondage Ifop pour Alouette ne dit pas en revanche comment l’épargne détournée du Livret A sera allouée par les Français dans le futur. Envisagent-ils de reverser leurs économies sur des livrets fiscalisés, une assurance vie, ou un plan d’épargne-logement (PEL), qui sera plus rémunérateur même après prélèvements sociaux ? L’enquête ne répond pas à cette question. Une chose semble sûre : avec la baisse de la rémunération du Livret A, les montants déposés par les Français en 2013 ne devraient pas battre l’exercice record en la matière établi en 2012. Et ce malgré l’augmentation du plafond du livret de 25% le 1er janvier 2013, à 22.950 euros.

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