Le Mali veut rassurer les investisseurs : pas de révision du code minier

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Décidément, cela bouge au Mali ces derniers temps, le pays semblant vouloir mettre les bouchées doubles … pour attirer les investisseurs.

Alors que l’or et le pétrole – n’en déplaise à nos politiques qui voudraient nous persuader du caractère désintéressé de leurs élans humanitaires – constituent l’enjeu principal du dossier, le ministre malien de l’Industrie et des Mines, Dr Boubou Cissé a invité la presse en vue de lui livrer les principaux éléments clés issus du Forum Mining d’Indaba, conférence annuelle des mines qui s’est tenue récemment à Cape Town, en Afrique du Sud.

Point phare de ce forum qui s’est déroulé du 3 au 6 février dernier : un symposium ministériel sur le rôle du secteur privé pour le développement minier et la nouvelle vision africaine sur le secteur.

A cette occasion, le ministre malien de l’Industrie et des Mines a été très sollicité par les partenaires techniques et financiers du Mali …. ces derniers étant vivement préoccupés tant par les aspects sécuritaires que par une éventuelle révision du code minier malien.

La délégation a tenu à rassurer les investisseurs étrangers, tout en assurant la promotion du secteur minier du Mali à travers une présentation des opportunités d’affaires. C’est en effet ce qu’indique sans ambages la presse malienne … laissant ainsi entrevoir que l’intervention de la France est loin d’être dénuée d’intérêts …. Il est vrai que le Mali est le troisième producteur d’or sur le continent africain, le pays étant doté d’autres ressources, comme le pétrole et le gaz.

« Le Mali offre aujourd’hui un cadre compétitif pour les investisseurs à travers trois codes miniers, investissements et des douanes » a par ailleurs souligné le ministre. Ajoutant que le gouvernement malien n’avait pas l’intention de réviser le code minier.

« Le code actuel offre des meilleures garanties. Il est possible pour les privés nationaux d’acquérir des actions minimums de 5%. Désormais, on peut renouveler un titre minier sans réduction de superficie. Le code rénové prend en compte le développement communautaire à travers la réalisation d’infrastructures socio-économiques de bases pour les populations locales », a-t-il par ailleurs précisé.

Le 10 septembre 2013, Boubou Cissé, avait annoncé qu’il entendait faire un «inventaire complet de tout ce qui existe » : contrats, titres, permis. Laissant entendre que tout ce qui avait été signé entre les gouvernements précédents et les entreprises minières serait examiné de près. « Sil y a des contrats qu’il est nécessaire de revoir dans l’intérêt du Mali, nous entamerons des négociations avec les partenaires concernés » avait-il ajouté.

Abdoulaye Pona, président de la Chambre des mines du Mali, représentant les entreprises minières avait toutefois mis en garde : « s’il y a une révision des contrats miniers, il ne faut pas que ça se passe dans l’intérêt du pays seulement, il faut que ça aille dans l’intérêt de l’investisseur. Si celui-ci ne trouve pas son compte dans ces contrats, il est libre d’aller ailleurs. Il vaut mieux prendre chaque jour un franc par un franc, plutôt que de vouloir prendre un million d’un coup. »

Le président de la Chambre des mines avait par ailleurs rappelé qu’en cas de litiges, les entreprises minières disposaient de moyens de recours.

Richard Zink, ambassadeur de l’Union européenne au Mali avait quant à lui indiqué dans une menace à peine voilée, en faisant référence au Congo, que le fait de réviser les contrats à chaque changement de gouvernement conduisait les investisseurs à être encore plus réticents.

L’ambassadeur de l’Union européenne avait également tenu à rappeler que les entreprises minières présentes au Mali étaient des compagnies de réputation internationale. Sous-entendu : d’une éthique et moralité irréprochables … et qui de ce fait, ne devraient pas agir en défaveur des intérêts maliens.

«Il faut regarder ce qu’il y a de prévu dans le code minier, dans les règles et les lois et les respecter », avait poursuivi Richard Zink. Ajoutant que « si le Mali trouve que son pourcentage est trop faible », qu’il fallait alors changer les lois et renégocier les accords et faire d’autres accords avec les nouvelles compagnies qui vont venir. »

Sources : Presse malienne, RFI

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com  – 16 février 2014

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