Le Royaume-Uni sera la meilleure économie européenne de l’année 2019, selon Pictet AM

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Alors que plus rien ne semble sûr en matière de Brexit, la maison de gestion suisse reste acheteuse d’actions britanniques. Elle se montre en revanche plus prudente pour le marché pris dans son ensemble.

Garder le cap. Malgré le brouillard. Il y a deux mois, la société de gestion Pictet Asset Management (AM) surprenait en affirmant son intérêt pour les actions britanniques. Aujourd’hui, encore, elle confirme sa position. « En cas d’accord sur le Brexit, le Royaume-Uni sera la meilleure économie européenne de l’année 2019 », a déclaré, mercredi 20 mars, le conseiller en stratégie d’investissement de la maison suisse Frédéric Rollin, qui table sur une croissance de 1,9%, contre 1,4% pour la zone euro. Ce rebond sera alimenté, selon l’expert, par la hausse des exportations, elle-même facilitée par la faiblesse de la livre sterling. En outre, « la situation de l’emploi est plutôt solide », indique Frédéric Rollin. Il s’attend à un retour des investisseurs sur ce marché dès la question du Brexit. En janvier, il soulignait, entre autres arguments, que les valeurs domestiques sont loin d’être majoritaires, les trois quarts des sociétés composant l’indice Footsie étant exposées à l’international. « Les scénarios les plus défavorables ont déjà été intégrés, un investissement contrarien paraît opportun », expliquait-il. En cas de « no-deal », la croissance pourrait, en revanche, plafonner à 0%, ce qui remettrait en cause la stratégie de la maison de gestion.

Prudence

Concernant le marché de manière plus générale, Frédéric Rollin avoue se montrer prudent. S’il n’avait pas anticipé l’ampleur de la hausse des marchés d’actions depuis le début de l’année, il estime que la fin du rally est proche et il maintient sa position à « neutre », tout en surpondérant les titres défensifs des secteurs de la santé et des utilities. « Le prochain mouvement sera de vendre », lance-t-il. Quels pourraient être les déclencheurs ? « Une réussite des négociations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis », répond le conseiller en stratégie d’investissement. Le marché est, à son goût, un peu trop optimiste sur l’issue de ce dossier. Un discours plus sévère de la part de la banque centrale américaine pourrait aussi être le signe qu’il est temps de vendre. Pour Frédéric Rollin, la Fed réagit aujourd’hui davantage au sentiment du marché qu’aux indicateurs américains, qu’ils jugent plutôt bons, et « si l’économie se stabilise, les créations d’emplois et les salaires progressent », l’institution monétaire pourrait reprendre une politique monétaire plus stricte. En tout cas, concernant la décision attendue ce mercredi 20 mars, le marché table sur la fin de la normalisation de la politique monétaire.

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