Les 10 plus grosses participations des Etats dans des grands groupes cotés

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(BFM Bourse) – Si les participations concurrentes de la France et des Pays-Bas au capital d’Air France-KLM ont fait couler beaucoup d’encre ces derniers jours, il n’est pas rare que les Etats même dans des économies dites ouvertes détiennent d’importantes participations dans des entreprises privées cotées en Bourse. Tour d’horizon.

Les tentatives du gouvernement français pour expliquer au gouvernement néerlandais en quoi ce dernier aurait agi de façon déloyale en osant acquérir une participation dans Air France-KLM sont « honteuses », selon le bureau d’études AlphaValue. Non seulement rien ne permet de remettre en cause le droit souverain de quiconque, fût-ce une Etat, à acheter des titres d’une société cotée, mais le propre historique du gouvernement français en matière d’investissement en Bourse « représente une longue liste d’initiatives inefficaces, malavisées en termes de timing et de retentissement politique », rappelle AlphaValue dans une note (traduit par nous).

Seul élément à la décharge de l’Etat français: il n’est pas -loin de là- le seul à s’être aventuré à des prises de participation hasardeuses pour des motifs plus ou moins politiques. La plupart ont mis le doigt dans l’engrenage en investissant dans des entreprises cotées qui ne le méritent pas, assène AlphaValue.

Un quart des sociétés suivies concernées

Dans l’univers de couverture du bureau d’études (centré sur les grands groupes), 110 entreprises comptent la présence d’un Etat (deux dans le cas inhabituel d’Air France-KLM donc) à leur capital, soit le quart des sociétés suivies.

La France se montre particulièrement interventionniste avec 22 sociétés accueillant l’Etat français, l’Allemagne 14 et l’Italie 11. Le Royaume-Uni se montre nettement plus adepte du laissez-faire avec seulement 2 participations. Précisons ici que le champ de l’étude porte sur les économies dites libérales, excluant les économies administrées (comme la Chine par exemple).

La Norvège, un cas à part

Ce classement exclut le fonds souverain norvégien, le plus important au monde, qui réinvestit systématiquement via la Norges Bank la manne pétrolière actuelle pour assurer le train de vie des générations futures. Une manière de placer ses excédents quand le temps est clair pour préparer les jours de tempête, alors qu’en France on a plutôt tendance à évoquer une « cagnotte » à redistribuer à chaque fois que les déficits sont moins abyssaux que prévu.

Norges Bank est ainsi présent au capital de la plupart des grandes entreprises cotées, hormis celles de certains secteurs (comme le tabac) où le pays ne veut pas investir pour le long terme. En dehors de ces investissements saupoudrés dans un grand nombre d’entreprises multinationales, la Norvège compte six investissements directs, dont les deux tiers du capital de Statoil (renommé Equinor il y a quelques années).

Les dix plus importantes participations publiques (valorisées au moins 10 milliards d’euros) sont donc :

1. Etat norvégien dans Equinor (67% valant 44,58 milliards d’euros)
2. Etat français dans EDF (81,2% valant 31,06 milliards d’euros)
3. Trésor britannique dans Royal Bank of Scotland (62,4% équivalent à 23,25 milliards d’euro)
4. Caisse des dépôts italienne dans ENI (25,8% valant 14,25 milliards d’euros)
5. Etat norvégien dans Telenor (54% valant 13,77 milliards d’euros)
6. Etat danois dans Orsted (50% équivalent à 13,55 milliards d’euros)
7. République italienne dans Enel (23,6% valant 12,7 milliards d’euros)
8. KfW (banque régionale chargée des participations de l’Etat allemand) dans Deutsche Telekom (17,4% valant 11,99 milliards d’euros)
9. Qatar Investment Authority dans Volkswagen (14,6% valant 11,1 milliards d’euros)
10. Confédération helvétique dans Swisscom (51,2% valorisés l’équivalent de 10,79 milliards d’euros au 27 février)

Guillaume Bayre – ©2019 BFM Bourse

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