Les assurés français vont-ils subir le coût des dernières catastrophes naturelles?

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Les catastrophes naturelles ont été particulièrement nombreuses et dévastatrices cette année. Les ouragans, les séismes ou encore les tempêtes ont fait énormément de dégâts, humains comme matériels.

Le réassureur français Scor estime que les ouragans Harvey, Irma et Maria et les récents séismes au Mexique représenteront pour lui un coût net de 430 millions d’euros au troisième trimestre. Scor estime par ailleurs à 95 milliards de dollars le coût total de ces catastrophes naturelles pour le marché privé de l’assurance. L’assureur américain AIG a, lui, annoncé que les ouragans Harvey, Irma et Maria qui ont affecté le Texas, la Floride, Porto Rico et les Caraïbes allaient lui coûter jusqu’à 2 milliards de dollars après impôts, principalement en indemnisations.

Ajustement des prix dans la région

Des évènements qui ne seront évidemment pas sans conséquence pour les assurés. Stanislas Di Vittorio, directeur général d’Assurland, explique que “les assureurs et réassureurs vont réajuster leurs modèles de risque, ce qu’ils font de façon régulière. Il est probable qu’ils augmentent la probabilité d’évènements climatiques extrêmes sur la zone Caraïbes/sud des États-Unis, et ajustent les prix en conséquence dans la région, et cela inclut Saint-Martin et Saint-Barth”. L’accélération du nombre de catastrophes naturelles pousse “les réassureurs à augmenter leurs prix vis-à-vis des assureurs”, précise Christophe Triquet, le président de Meilleureassurance.com, “qui eux-mêmes répercutent cette hausse sur les primes des assurés pour ne pas perdre de l’argent”.

Les assurés de cette zone du monde risquent donc de voir leur assurance augmenter, ceux de Saint-Martin et Saint-Barthélemy compris. Mais Stanislas Di Vittorio nuance: “La tempête a été telle sur ces deux îles que la matière assurable (le stock de maisons, NDLR) a baissé du fait des destructions. Il y aura donc moins à réassurer à court terme”. Christophe Triquet ajoute: “Quatre assureurs français sont exposés. Ce n’est pas la même chose que lorsque tous les assureurs français sont touchés, même si cela a tout de même des conséquences”.

Le risque climatique, une composante essentielle

Les assurés de Saint-Martin et Saint-Barth pourraient donc voir, à la marge, leurs primes augmenter. Mais cela aura-t-il une conséquence financière pour les assurés de métropole? Il est vrai que “dans l’assurance habitation, le risque climatique est une composante essentielle de la hausse des tarifs”, raconte Christophe Triquet, qui précise: “Depuis une dizaine d’années, les coûts liés aux aléas naturels ont explosé”. Pendant une trentaine d’années, ils atteignaient une moyenne d’un milliard d’euros par an. Depuis dix ans, ils surfent autour des deux milliards.

Mais pour Stanislas Di Vittorio, si les assureurs français augmentent les prix de leurs assurances habitation, cela ne sera pas dû aux derniers éléments. “Le réchauffement climatique n’a pas eu d’impact clair sur la probabilité d’évènements climatiques extrêmes en France et donc il n’y aura pas d’incidence sur les prix en France métropolitaine des évènements du Texas et de la Floride”.

Si les primes augmentent, cela sera dû aux aléas climatiques que subit la France chaque année. Le risque climatique pris en compte par les assureurs ne se limite pas aux ouragans, tempêtes ou tsunamis les plus impressionnants. Des inondations, comme il y en a eu en France en juin 2016, des hivers particulièrement rudes qui “obligent les personnes à chauffer au maximum leur habitation et donc entraînent un risque d’incendie”, ou encore des canicules qui accentuent les risques de feux, il en existe en France chaque année. Autant d’aléas qui font progresser le prix des assurances habitation.

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