Les recettes des multinationales pour séduire les meilleurs salariés

Mots-clefs : , , , ,

Google et son désormais fameux style de management ont été récompensés par la 4e édition du palmarès des multinationales où il fait bon travailler. Le groupe de Mountain View est arrivé en tête du classement de l’institut Great Place to Work publié jeudi 23 octobre. Il faut dire que le groupe poursuit depuis ses débuts, en 1998, une manière de manager particulière. Nourriture gratuite (voir photo), espaces détente avec billard, télé et piano, recrutement et décisions prises collégialement, temps à consacrer au développement de projets personnels, le géant de l’Internet est un cas d’école dans les business schools.

Par ailleurs, les salaires y sont relativement plus élevés qu’ailleurs: en Californie, un ingénieur gagne en moyenne 120.000 dollars par an, contre 60.000 dollars pour un poste similaire dans une autre société outre-Atlantique. Plébiscité par ses salariés, Google fait aussi rêver ceux qui cherchent un emploi. L’entreprise fondée et dirigée par Larry Page est chaque année dans le top 5 des entreprises les plus attractives selon Universum.

Résultat: la firme attire les meilleurs ingénieurs de la planète, ce qui lui a permis de se hisser au rang de géant de l’Internet, devenant début 2014 la deuxième capitalisation boursière mondiale. Désormais copié par de nombreuses entreprises innovantes, notamment dans la Silicon Valley, Google partage pour la troisième année consécutive le podium du classement Great Place to Work avec SAS et NetApp.

Un turnover très faible chez SAS

SAS, société américaine leader dans l’analyse de données, met gratuitement à la disposition de ses 14.000 salariés un gymnase, comprenant des courts de tennis et de basket-ball, une piscine chauffée et une salle de musculation ainsi qu’une clinique avec des médecins, des nutritionnistes ou encore des psychologues. Enfin, des solutions de garde d’enfants à prix très réduits sont proposées sur place pour les parents. L’objectif du patron, Jim Goodnight, est de libérer l’esprit de ses collaborateurs des petits tracas du quotidien pour qu’ils travaillent mieux.

C’est aussi une manière de valoriser son personnel et de lui montrer qu’il est attentif à leur équilibre vie personnelle et professionnelle. Il leur fait confiance pour ne pas abuser de ses services et leur propose même de gérer leur temps comme ils le souhaitent. Reconnaissant, les employés sont plus motivés et les relations en interne apaisées. Et ça marche. SAS, qui avait durement souffert de la crise en 2008, a signé 4 années consécutives de bénéfices record. Le turnover y est très faible, de l’ordre de 2 à 3% par an, contre plus de 20% chez ses concurrents.

Convivialité et fierté au-delà des murs

Quant à NetApp, groupe de 12.000 collaborateurs spécialisé dans le stockage de données, il met en place une politique innovante de communication interne dite de “la porte ouverte”. Chaque salarié peut poser librement et à n’importe quel moment des questions au top management. De son côté, la direction transmet des messages stratégiques réguliers à ses employés via des vidéos, des réunions plénières et un séminaire annuel. La convivialité est également un des éléments fondamentaux de NetApp.

Les événements personnels (anniversaires, naissances) et les succès en entreprises (promotion, contrat signé) sont systématiquement fêtés. “Ces entreprises créent une culture de confiance solide qui permet de développer la convivialité et la fierté au-delà des frontières. Elles mettent en place des environnements favorisant l’épanouissement personnel et professionnel et s’efforcent d’avoir un impact positif sur leurs communautés”, souligne Great Place to Work.

Accor en 23ème position

En avance par rapport aux multinationales françaises, à l’image des trois exemples pré-cités, les groupes américains trustent la quasi-totalité du top 25 du palmarès Great Place to Work (voir tableau). O, y retrouve des sociétés comme Microsoft (6e), Marriott (7e), Monsanto (9e), Cisco (10e), Daimler (20e), Mars (23e) et eBay (25e). Une seule entreprise française apparaît dans ce classement. Il s’agit du groupe Accor, qui compte 160.000 collaborateurs à travers le monde et se classe au 23e rang. 

La chaîne d’hôtels a mis en place un programme mondial de reconnaissance des talents en interne pour ceux qui promeuvent le respect, l’innovation, la confiance et l’esprit de conquête et sa propre université pour former ses salariés et les faire évoluer au sein de groupe. Par ailleurs, une carte Bienvenue est remise après 6 mois d’embauche et qui permet de bénéficier d’avantages dans les établissements du groupe Accor. En 2013, aucune multinationale française ne figurait dans le top 25. 

 Méthodologie: pour constituer chaque année le palmarès des entreprises où il fait bon travailler, les consultants de l’Institut Great Place to Work réalisent leurs enquêtes sur le terrain, au coeur des entreprises. Les salariés, de tout niveau hiérarchique, sont interrogés sur leur niveau de satisfaction, d’implication et de motivation. Toute entreprise, publique ou privée, peut postuler au classement. Ici, 6.200 entreprises ont été auditées dans plus de 50 pays, qui emploient 11,5 millions de salariés. 


Challenges.fr – Toute l’actualité de l’économie en temps réel

Partager cet article