Les réserves de changes de la Chine en nette baisse en 2016

Mots-clefs : , , , , ,

Pékin vient d’annoncer que les réserves de devises étrangères de la Chine avaient chuté de près de 320 milliards de dollars en 2016. Cette baisse intervient dans un contexte d’envolée du dollar qui alimente les fuites de capitaux auxquelles l’Empire du Milieu tente de faire face.

Les réserves de changes chinoises – qui n’en demeurent pas moins colossales et les plus importantes du monde – ont chuté à 3.011 milliards de dollars fin décembre selon les informations fournies par l’Administration nationale des devises étrangères. En décembre 2016, la baisse s’est ainsi élevée à 41 milliards de dollars. Selon les chiffres de la banque centrale chinoise (PBOC), les réserves enregistrent leur sixième mois consécutif de baisse. En octobre dernier, ces réserves avaient déjà plongé de 46 milliards, puis de près de 70 milliards en novembre, atteignant des plus bas inégalés depuis cinq ans.

« Les efforts de la banque centrale pour stabiliser le yuan constituent la raison principale pour laquelle les réserves ont chuté » l’année dernière, a indiqué pour sa part un responsable de l’Administration nationale des devises étrangères.

Le yuan chinois évolue au plus bas depuis huit ans face au dollar après avoir chuté d’environ 7% en l’espace d’un an. Pour tenter d’endiguer ce phénomène, les autorités chinoises rachètent des yuans, en puisant dans les réserves de devises étrangères de la Chine, et tout particulièrement dans ses réserves de dollars.

Le ralentissement de la croissance chinoise incite parallèlement les hommes d’affaires chinois fortunés à transférer leurs fonds à l’étranger vers des placements plus rémunérateurs.

C’est pourquoi, Pékin met les bouchées doubles ces dernières semaines en vue de freiner les fuites de capitaux, phénomène d’une grande ampleur lié en grande partie à la forte dépréciation du yuan.
L’agence d’Etat supervisant le marché des changes (SAFE) a ainsi indiqué récemment que les échanges de devises des particuliers serraient fermement encadrés. Désormais, les particuliers désirant convertir leurs yuans en devises étrangères devront fournir de plus amples informations à leur banque. L’institution a également annoncé que les établissements financiers seront sommés, à partir de juillet, de signaler à la banque centrale chinoise (PBOC) tout transfert international dépassant 200.000 yuans (28.800 dollars), afin de lutter contre « le blanchiment ».

A l’heure actuelle, les entreprises chinoises qui disposent d’importantes liquidités utilisent toutes sortes de stratagèmes  pour les faire sortir du pays, tel que souscrire un prêt en yuan … pour se faire rembourser en devises étrangères, une méthode jusqu’à présent tout à fait légale. D’autres émettent de fausses factures ou des factures artificiellement élevées, via un processus qui s’apparente plus à du blanchiment d’argent. Les exportateurs chinois sont parfois tentés de déclarer aux autorités un prix inférieur à la réalité pour une vente réalisée auprès d’un importateur américain en vue de placer discrètement dans une banque américaine la différence en dollars.
La fuite de capitaux constitue un problème fortement préoccupant pour le gouvernement chinois, alors que l’équivalent de près de 1.000 milliards de dollars ont quitté le territoire en 2015. Le phénomène s’est poursuivi en 2016, pour atteindre 690 milliards de dollars sur les dix premiers mois de l’année, selon des estimations de Bloomberg Intelligence.

Sources : Reuters, Bloomberg, Les Echos

Elisabeth Studer – 10 janvier 2017 – www.leblogfinance.com

A lire également :

La Chine tente d’endiguer la fuite de capitaux

Le Blog Finance

Partager cet article