Leviathan (Israël) : accord préliminaire pour fournir du gaz à l’Egypte

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Impact à prévoir au niveau géopolitique et tout particulièrement dans le domaine énergétique. Les différentes compagnies partenaires dans la partie israélienne du champ de gaz naturel off-shore dénommé Leviathan viennent de signer un accord préliminaire avec BG Group en vue d’approvisionner les infrastructures GNL (ou LNG) détenues par BG dans la ville d’Ikdu en Egypte. Selon les termes de l’accord, les partenaires devraient fournir 7 billion de mètres cubes de gaz par an sur une période de 15 ans.
Le gaz sera acheminé via un pipeline installé dans les fonds sous-marins, connecté aux infra structures de LNG.

L’un des partenaires, le groupe Delek a par ailleurs indiqué que le prix de vente du gaz sera déterminé selon une formule qui doit encore obtenir l’aval des différentes parties.
Selon l’Agence de presse Reuters, citant une source liée au domaine énergétique à Tel-Aviv, le deal conclus pourrait se chiffrer autour de 30 billion de dollars. Toujours selon la même source, le gazoduc sous-marin devrait être construit par BG, un accord final à ce sujet étant prévu avant la fin de l’année 2014.

Pour rappel, les différents partenaires du projet Leviathan et leur participation respective sont les suivantes :
Noble Energy Mediterranean Ltd. 39.66%, Avner Oil Exploration – Limited Partnership 22.67%, Delek Drilling – Limited Partnership 22.67%, Ratio Oil Exploration (1992) – Limited Partnership 15.00%

Mais au final cet accord pourrait avoir un impact loin d’être négligeable sur l’échiquier énergétique mondial …
En effet, si Israël devient exportateur de gaz, les débouchés du gaz égyptien devraient sensiblement se réduire, avais-je déjà prévenu en août 2013. Et ce, au grand dam de la Russie, laquelle  redoute que les exportations israéliennes et égyptiennes ne viennent concurrencer ses propres exportations vers l’Europe.

Delà à profiter du chaos ambiant pour proposer à l’Etat égyptien d’honorer à sa place ses contrats passés avec les différents pays membres de l’UE, il n’y a qu’un pas … que Moscou a semble-t-il d’ores et déjà franchi.

En avril 2013, le journal russe Ria Novosti indiquait ainsi que le ministre russe de l’énergie Alexander Novak lui avait déclaré que l’Egypte recherchait l’aide du géant gazier russe Gazprom pour l’aider à honorer ses livraisons de gaz vers l’Europe, compte-tenu du déficit de production enregistré dans le pays. Une telle situation étant quasiment idyllique pour la Russie, alors que l’Union européenne tente de s’affranchir autant que faire se peut de la suprématie gazière russe.

Alexander Novak avait par ailleurs ajouté que l’Egypte était actuellement confrontée à des difficultés pour satisfaire ses contrats d’exportation, en raison des pénuries de gaz sur son marché intérieur.

Le volume de gaz que l’Egypte était censé exporter en vertu d’un contrat pourrait être au final destiné à la consommation intérieure égyptienne, le géant gazier russe « acceptant » de satisfaire le contrat conclu entre la partie égyptienne et ses clients européens via un accord de swap. Une manière détournée pour Moscou d’accroître ses livraisons de gaz vers l’UE, alors que cette dernière tente de trouver d’autres sources d’approvisionnement, avais-je alors indiqué.

Désormais, les exportations de gaz issues du champ de Leviathan devraient changer la donne.

Sources : Reuters , Natural gas asia

Elisabeth Studer – 30 juin 2014 – www.leblogfinance.com

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