L'indice japonais Nikkei grimpe à un plus haut depuis 1991

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(BFM Bourse) – L’afflux d’investisseurs individuels sur l’indice phare de la place de Tokyo a permis à celui-ci d’atteindre un nouveau sommet depuis 29 ans. Le Nikkei reste néanmoins plus de 50% en-deçà de son plus haut historique touché en… 1989.

Après un départ poussif et malgré l’effet négatif de la montée du yen face au dollar, la Bourse de Tokyo a encore grimpé vendredi, son indice vedette Nikkei atteignant son plus haut niveau depuis novembre 1991, il y a 29 ans. Le Nikkei 225 -qui se calcule par une moyenne arithmétique des valeurs qui le composent à l’instar du Dow Jones, contrairement au CAC 40 où le poids des valeurs dans l’indice est pondéré- a terminé en hausse de 0,91% à 24.325,23 points, tandis que l’indice élargi Topix a pris 0,52% à 1.658,49 points.

Constamment dans le vert lors de ses quatre dernières séances, le Nikkei s’est envolé de 5,9% sur l’ensemble de la semaine.

Comme les autres Bourses mondiales, Tokyo voit d’un bon œil la victoire probable du démocrate Joe Biden combinée à un équilibre des forces entre Démocrates et Républicains au Congrès. Avec un tel cocktail politique, “il sera difficile” pour la nouvelle administration à Washington de mettre en œuvre des hausses d’impôts ou un durcissement des réglementations, observe Nobuhiko Kuramochi, stratégiste chez Mizuho Securities cité par l’agence Bloomberg.

Trois jours après l’élection, le résultat du scrutin n’était pas encore tranché en raison d’écarts de voix extrêmement serrés dans plusieurs Etats-clés. Mais Joe Biden avait l’avantage et se disait certain de sa victoire imminente. De l’autre côté, les Républicains semblent en bonne voie de conserver une majorité au Sénat.

Selon des traders de la place tokyoïte qui se sont confiés au Financial Times, le Nikkei semble avoir été poussé à la hausse par des investisseurs japonais individuels qui ont déplacé des liquidités de petites valeurs spéculatives vers les fleurons de la cote japonaise. Stratégiste en chef des actions de Mizuho Securities, Masatoshi Kikuchi précise que la progression du Nikkei a été alimentée par les investisseurs individuels qui utilisent massivement l’effet de levier pour amplifier leurs gains potentiels (au prix d’un risque de pertes évidemment multiplié) – le nombre de petits porteurs ayant nettement augmenté depuis que la pandémie a contraint des millions de personnes à rester à leur domicile. Et alors qu’ils se concentraient principalement sur le “Mothers”, un indice de la place de Tokyo réservé aux startup, ils ont récemment déplacé leur attention vers le Nikkei, jugé bien plus solide dans un contexte compliqué.

Beaucoup plus large, le Topix (considéré comme reflétant la “vieille économie”) a également beaucoup progressé sur la semaine mais reste en-deçà de son niveau observé en février.

Pour exceptionnelle qu’elle est, la performance du Nikkei reste à mettre en perspective avec son pic historique atteint en fin d’année 1989, quand l’indice avait presque atteint les 39.000 points dans une frénésie d’achats spéculatifs, avant de redescendre sous les 8.000 points en 2003, puis en 2009.

“Il est bizarre de penser qu’il a fallu presque 30 ans pour que le Nikkei se rétablisse à 24.325 points, et peut-être encore plus étrange de penser qu’il doit encore prendre plus de 50% par rapport à ce niveau pour atteindre un sommet historique”, a ainsi relevé Pelham Smithers, un analyste chevronné du marché japonais chez Pelham Smithers Associates, interrogé par le FT.

(avec AFP)

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