L’Irak veut doper la production de pétrole de Kirkouk

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L’Irak veut doper la production de pétrole de Kirkouk

L’Irak, le Kurdistan, une affaire de pétrole, vous en doutiez ? Le ministre irakien du Pétrole, Jabbar al-Louaïbi, vient de déclarer en début de semaine vouloir plus que doubler la production de pétrole de la province de Kirkouk. Objectif affiché : atteindre 1 million de barils par jour. Une déclaration faite lors d’une visite dans les champs pétroliers de cette région, source de vives tensions entre le Kurdistan et les autorités fédérales et reprise récemment aux Kurdes par les autorités de Bagdad.

A noter que cette visite est la première d’un ministre du Pétrole irakien dans cette zone depuis 2003. si le périmètre concerné n’est pas inclus dans les frontières de la région autonome du Kurdistan irakien, il n’en demeure pas moins que les forces kurdes s’y sont déployées au fil des ans. Profitant du chaos généré par la percée de Daesh (Etat islamique) dans la région, les Kurdes se sont en effet emparés en 2014 des champs pétroliers et de l’ensemble des installations pétrolières de Kirkouk.

  •  Plan de Bagdad pour relancer la production

Près d’un mois après la reprise par les troupes fédérales de ces points stratégiques, le ministre a jugé nécessaire de mettre au point un plan en vue de relancer la production des champs récupérés aux Kurdes, dont deux sont encore à l’arrêt.

Selon le ministre, la capacité totale de production dans la province de Kirkouk serait à l’heure actuelle de “420.000 barils par jour. Toutefois, seuls 120.000 barils par jour sont effectivement produits, les exportations étant quant à elles à l’arrêt.

A terme, “les champs et les puits de Kirkouk seront rénovés et nous ambitionnons d’atteindre une production de 1 million de barils par jour, nous en sommes sûrs”, a martelé le ministre. Souhaitant se donner les moyens de ses ambitions, il a également évoqué la possibilité d’un contrat avec la compagnie British Petroleum (BP).

Plaidant pour une reprise des exportations, le ministre a par ailleurs déclaré qu’à terme 30.000 barils par jour seraient acheminés par camion-citerne vers l’Iran, pays voisin de l’Irak.

  • Un pipeline au cœur des priorités pour pouvoir exporter

Reste que la région est dépendante d’infrastructures pour ses exportations. Lors de cette visite, Jabbar Louaïbi a également estimé que la priorité était de reprendre l’exportation du pétrole de Kirkouk via l’oléoduc entre l’Irak et la Turquie dès que ce dernier sera réhabilité ou remplacé par un nouveau pipeline.

En septembre 2017, le géant pétrolier russe Rosneft a proposé d’augmenter les capacités de l’oléoduc turc actuel et de créer des infrastructures en vue de transporter le gaz kurde. Un scénario qui permettrait d’acheminer en Turquie  30 milliards de m3 de gaz, soit deux fois plus que ce que l’Azerbaïdjan fournit à l’Europe. Transformant ainsi le territoire turc en véritable « hub » gazier avec toutes les incidences géostratégiques  que cela implique.

Depuis 2013, les Kurdes exportaient du pétrole vers la Turquie par un nouvel oléoduc construit sur leur territoire.  Un autre oléoduc passait autrefois par Mossoul et les zones contrôlées par le gouvernement central, mais il a été détruit par l’État islamique en 2014.

Reste que selon Govand Sherwani, expert du pétrole irakien, une fois que les Irakiens auront réparé cet ancien oléoduc, ils n’auront plus besoin de celui des Kurdes pour exporter le pétrole de Kirkouk. Séparant ainsi le Kurdistan irakien du Kurdistan syrien .

En octobre 2017, un plan a été lancé pour le remettre en état. Les experts estiment néanmoins que deux ans pourraient être nécessaires pour pouvoir le remettre en fonction .

En octobre 2016, le Kurdistan irakien exportait 540 000 barils de pétrole par jour par l’oléoduc menant au port turc de Ceyhan. Plus de la moitié provenait des champs pétroliers de Kirkouk, dont les forces irakiennes ont pris le contrôle le 16 octobre dernier. Seuls des champs secondaires comme ceux de Khurmala et de Sheikhan demeurent aux mains des Kurdes à l’heure actuelle.

Sources : AFP, RFI, Challenges, La Croix

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com – 14 novembre 2017 –

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