Mali : Mohammed VI en visite avec le patronat marocain, le Maroc comme médiateur ?

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Alors que le Medef et le patronat français se sont récemment rendus en Iran, “à titre exploratoire” précisait-on officiellement face aux critiques des Etats-Unis , le patronat marocain a quant lui a choisi l’Afrique subsaharienne pour avancer ses pions.

Accompagné d’une importante délégation politique marocaine et de la Confédération Générale des Entreprise du Maroc (CGEM), le Roi du Maroc, Mohammed VI se rendra en effet à partir du 18 février pour un voyage de 5 jours au Mali,Gabon, Côte d’Ivoire et Guinée.

Au menu : partenariats économiques, dossiers sécuritaires, coopération en matière religieuse.

Rappelons que le Maroc est à l’heure actuelle très présent aux côtés du pouvoir malien. Objectifs officiels : permettre à ce dernier de renforcer son autorité et récupérer sa souveraineté sur ses territoires du Nord.

Si le Roi du Maroc a tenu à assister à l’investiture du nouveau président malien Ibrahim Boubacar à l’automne dernier, en janvier 2014, Rabat et Bamako ont signé en un accord pour la formation de 500 imams maliens au maroc. L’objectif étant de lutter contre l’extrémisme.

Relations religieuses, certes, mais non dénuées de fondements économiques, le Maroc est en effet présent au Mali à travers ses banques et ses entreprises, notamment via Maroc Telecom. La Royal Air Maroc est également l’une des rares compagnies aériennes internationales qui dessert Bamako, Conakry, Libreville et Abidjan.

La presse marocaine tient par ailleurs à rappeler que les exportations aurifères constituent 25% du PIB malien, laissant ainsi entendre que les ressources maliennes en or en intéressent plus d’un. Nous reviendrons d’ailleurs sur le dossier très prochainement.

Lors d’un interview exclusive accordée à la deuxième chaîne de télévision marocaine, 2M,  le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a lancé un appel aux investisseurs marocains pour venir investir dans un pays où ils sont «connus et appréciés, «venez dans un pays qui a pour vous l’amitié que vous avez eue pour lui… vous êtes chez vous ici» a-t-il lancé.

Dimanche, le ministre malien des Affaires étrangères, Zahabi Ould Sidi Mohamed,  en marge du sommet des Chefs d’Etat du Sahel qui s’est ouvert à Nouakchott a déclaré pour sa part que la visite du Souverain marocain était « très attendue ».
« Cette visite est très encourageante pour la coopération entre les deux pays », a également déclaré le chef de la diplomatie malienne. Ajoutant que la Mali attendait beaucoup de cette visite Royale qui “devra relancer la coopération économique », tout en relevant  »le grand intérêt pour les hommes d’affaires marocains de venir investir au Mali ».  Pour lui, la crise dans le Nord du Mali  »est en train d’être résolue », ce qui lui permet d’affirmer  que  »tous ces facteurs sont favorables pour la relance de l’économie de son pays ».

Sur le plan politique, rappelons tout d’abord qu’à la suite du déclenchement du plan Serval, le Maroc, à l’opposée de tous les pays arabes, a été le seul à saluer publiquement l’intervention française au Mali.

Mais plus encore, précisons qu’après le rejet par des mouvements Touaregs de l’Algérie comme médiateur dans les négociations menées en vue de trouver une sortie de crise avec le pouvoir central malien, l’un des principaux groupes Touareg,  le MNLA, s’est rendu au Maroc pour solliciter une audience auprès du Roi Mohammed VI. Renforçant ainsi la bataille entre l’Algérie et le Maroc pour obtenir le leadership sur la gestion de la crise malienne.  Au final, Bilal Ag Chérif, Secrétaire Général du MNLA, et Moussa Ag Attaher, porte-parole, ont été reçus par  le Roi du Maroc le 31 janvier 2014. Lequel a notamment tenu à exprimer sa ferme volonté que le Mali reste un et indivisible.

Le vice-Président du MNLA, Mahamadou Djéri Maïga, a affirmé pour sa part aux représentants de l’ONU que pour «jusqu’à preuve du contraire, le médiateur est le Burkina Faso” tout en exprimant son souhait que “le Roi du Maroc joue au facilitateur».

Reste que parallèlement à la rencontre entre le roi du Maroc et le MLNA, un rapprochement a eu lieu entre l’Algérie et les autorités maliennes, Alger tentant de reprendre le dessus, alors que l”épineux dossier du Sahara occidental pourrait également peser dans la balance.

Sources : presse marocaine, presse malienne, France24

Elisabeth Studer – 16 février 2014 – www.leblogfinance.com

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