Marchés américains : Wall Street termine léger repli après les minutes de la Fed

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(Actualisé avec taux, change, pétrole)

par Sinéad Carew

NEW YORK, 17 octobre (Reuters) – Wall Street a fini sur une note stable ou en léger repli mercredi après le compte-rendu de la réunion de septembre de la Réserve fédérale, qui a montré que les responsables de la banque centrale restaient convaincus de la nécessité de continuer à relever les taux malgré les critiques du président Donald Trump.

Selon le compte-rendu de la réunion des 25 et 26 septembre, tous les responsables de la politique monétaire américaine étaient pour une hausse des taux d’intérêt et, généralement, pour une poursuite de ces relèvements de façon progressive.

Cette unanimité pourrait renforcer les anticipations de marché d’une quatrième hausse de taux en décembre.

Après une phase d’intense hésitation en fin de séance, juste après les « minutes » – l’indice Dow Jones a perdu 91,74 points, soit 0,36%, à 25.706,68, le S&P-500 a cédé 0,71 point, soit 0,03%, à 2.809,21 et le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 2,79 points (-0,04%) à 7.642,70 points.

Dès l’ouverture, Wall Street cédait du terrain, ne parvenant pas à conserver les gains de 2 à 3% réalisés la veille à la faveur d’un démarrage en fanfare des publications de résultats trimestriels. La tendance a été notamment alourdie par IBM , qui a publié des résultats décevants, ainsi que par des statistiques plus mauvaises que prévu sur le marché immobilier.

Les investisseurs sont devenus craintifs après une sévère retombée des cours la semaine dernière liée à la hausse des rendements obligataires américains, aux tensions géopolitiques et aux craintes d’un ralentissement de l’économie mondiale.

« Les intervenants sont beaucoup plus nerveux qu’ils ne l’étaient il y a quelques semaines, avant d’assister à la rechute. A chaque accès de faiblesse (..), ils craignent que nous allions vers une deuxième phase de repli, ce qui pourrait tout à fait être le cas », dit Randy Frederick de Charles Schwab.

VALEURS

Le géant américain IBM a chuté de 7,63%, plus forte baisse du S&P-500 et du Dow Jones, après l’annonce d’un chiffre d’affaires trimestriel moins bon que prévu, en raison notamment d’un ralentissement des ventes de logiciels.

A la hausse, Netflix a pris 5,28%, deuxième plus net repli du S&P, après une augmentation plus forte que prévu du nombre d’abonnés à son service de vidéo en ligne.

Le secteur aérien a avancé de près de 2% après des résultats meilleurs qu’attendu d’United Airlines (+5,95%) qui a aussi relevé sa prévision de bénéfice annuel.

L’indice des constructeurs de logements et de matériaux a perdu 1,87% à la suite de statistiques immobilières décevantes. Home Depot a perdu 4,34% et Lowe’s 3,34% alors que Credit Suisse a revu en baisse ses recommandations sur les deux enseignes de bricolage, en partie en raison de la dégradations du sentiment sur le marché immobilier, point faible de l’économie américaine.

LES INDICATEURS DU JOUR

Le nombre des mises en chantier aux Etats-Unis s’est contracté plus que prévu en septembre, avec une baisse sans précédent depuis près de trois ans dans le sud du pays, sans doute liée au passage de l’ouragan Florence.

LA SÉANCE EN EUROPE

Les Bourses européennes avaient terminé dans le rouge après leur rebond de la veille, affaiblies par la baisse du secteur automobile et un climat de prudence avant des « minutes » de Fed.

À Paris, l’indice CAC 40 a terminé en repli de 0,54% à 5.144,95 points. Le Footsie britannique a reculé de 0,07% et le Dax allemand de 0,52%. L’indice EuroStoxx 50 a cédé 0,44%, le FTSEurofirst 300 0,41% et le Stoxx 600 0,4%.

Le secteur automobile a signé la plus forte baisse sectorielle en Europe avec un repli de 1,9% de son indice Stoxx, à la suite de l’annonce d’une forte baisse des ventes sur le continent le mois dernier et de commentaires prudents de Goldman Sachs sur les perspectives du secteur.

En revanche le néerlandais ASML a pris 3,47% après des résultats et perspectives supérieurs aux attentes, qui rassurent sur les performances à venir du secteur.

TAUX

Les rendements des obligations du Trésor américain se sont tendus au vu de l’unité affichée par les responsables de la Fed autour de la nécessité de continuer à relever graduellement les taux. Le 10 ans a pris cinq points de base à 3,21%.

En Europe, le rendement du Bund allemand à dix ans , référence pour l’ensemble de la zone euro, a cédé de son côté environ 2,5 points de base autour de 0,464%.

CHANGES

L’indice du dollar face à un panier de devises a accentué ses gains et gagnait 0,63% après les « minutes » qui étaient très attendues pour avoir de plus amples indications sur le rythme du resserrement monétaire, dans un contexte d’inquiétude face au niveau des rendements obligataires.

La probabilité estimée d’une hausse de taux de la Fed en décembre est passée à 78%, contre 77% avant le compte-rendu de la réunion de la Fed, selon le baromètre CME FedWatch.

L’euro est stable, autour de 1,15 dollar, tandis que la livre sterling a pâti du ralentissement plus net que prévu de l’inflation, en plein sommet sur le Brexit à Bruxelles.

Selon des responsables européens, les résultats des négociations sur le Brexit avec Londres sont insuffisants pour maintenir l’idée d’un sommet spécial en novembre.

PÉTROLE

Les cours du pétrole sont lourdement retombés – le brut léger américain étant même momentanément repassé sous le seuil des 70 dollars pour la première fois depuis un mois – à la suite de l’annonce d’une hausse de 6,5 millions de barils des stocks de brut aux Etats-Unis, soit près de trois fois plus que prévu.

Le contrat sur le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) perd 1,87 dollar le baril, soit 2,6%, à 70,05 dollars vers 21h25 GMT. Le Brent a reculé de 1,04 dollar (-1,28%) à 80,37 dollars après un plus bas à 79,17.

A SUIVRE JEUDI: (Sinead Carew, Juliette Rouillon pour le service français)


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