Mexique : le projet du 1er TGV d’Amérique latine gelé à cause de la chute du prix du baril

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Quand la baisse du cours du pétrole rebondit sur l’industrie mondiale ….

Le Mexique a annoncé vendredi le gel jusqu’à une date indéterminée du projet de construction de la première ligne de train à grande vitesse d’Amérique latine, estimé à 3,75 milliards de dollars, ainsi qu’une réduction de ses dépenses publiques en 2015.

Objectif affiché : équilibrer son budget face à la baisse de ses recettes consécutive à la chute des cours du pétrole.

Rappelons qu’au début du mois de novembre 2014, le gouvernement mexicain a attribué à un consortium mené par le groupe chinois China Railway Construction (CRCC) la réalisation de cette ligne de chemin de fer, une première en Amérique latine.
Le groupe chinois, associé à quatre sociétés mexicaines et à une société française, la SYSTRA (filiale de la SNCF et de la RATP), avait été le seul à faire une offre pour cette ligne de 210 km, laquelle doit relier Mexico à la ville de Queretaro.

Mais, trois jours plus tard, le gouvernement avait annulé sa décision. Arguments invoqués : doutes et inquiétudes de l’opinion publique. L’opposition avait notamment critiqué les liens entre certains des dirigeants des compagnies retenues et le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) au pouvoir.

Si un autre appel d’offre avait été lancé à la mi-janvier, le ministre du Budget, Luis Videgaray, a indiqué vendredi que le gouvernement avait « pris la décision (…) de suspendre de manière indéfinie le projet de train à grande vitesse Mexico-Queretaro ».

Les arguments invoqués sont désormais les suivants : l’impact du projet sur les finances publiques en 2015, mais également son impact sur les dépenses publiques à compter de 2016.

Mesures prises en parallèle : le ministre a ajouté que le gouvernement allait réduire de 8,2 milliards de dollars les dépenses publiques en 2015, un montant équivalent à 0,7% du PIB ; Objectif affiché : compenser la chute des cours du pétrole.

Fait notable : près de la moitié des économies projetées concerneront l’entreprise pétrolière publique Pemex, laquelle devra réduire ses dépenses de 4 milliards de dollars. La Commission fédérale d’électricité verra pour sa part son budget chuter de 10 milliards de pesos.

Les coupures n’affecteront pas les projections de croissance économique pour l’année, a toutefois affirmé le responsable, indiquant néanmoins que cela impliquait « l’annulation assurée » d’une ligne ferroviaire trans-péninsulaire proposée entre les Etats mexicains du Quintana Roo et du Yucatan (sud-est).

Pourtant le 22 janvier dernier, s’exprimant en marge du forum économique mondial de Davos, le secrétaire d’Etat mexicain à l’Economie, alors interrogé sur l’impact de la baisse des prix du pétrole sur le Mexique, avait affirmé que le pays traverserait 2015 sans problème et que le problème se poserait pour le budget 2016 en cas de maintien des prix au niveau bas actuel.

« A ce moment, il faudra revoir notre stratégie de dépense publique » avait-il indiqué, précisant que le président (Enrique Pena Neto) avait clairement affiché que le Mexique ne compromettrait pas sa crédibilité budgétaire.

Rappelons que selon les prévisions officielles, l’économie mexicaine, la deuxième d’Amérique latine derrière le Brésil, devrait enregistrer en 2014 une croissance comprise entre 2,1% et 2,6%, puis entre 3,2% et 4,2% en 2015.

Sources : AFP, Xinhua

Elisabeth Studer – 02 février 2015 – www.leblogfinance.com


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