Mitsubishi : vers une crise majeure ?

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Le scandale Mitsubishi pourrait bien s’étendre. Selon le quotidien japonais Asahi, la consommation de carburant de presque tous les modèles de véhicules produits par le constructeur et vendus au Japon depuis 1991 a été mesurée selon des tests non homologués dans l’archipel.

« Ce ne sont pas seulement les mini-automobiles (cylindrée de moins de 660 cm3), mais aussi les gabarits traditionnels et les gros véhicules », « y compris des gammes qui ne sont plus dans le commerce » qui seraient concernés, précise le journal.

Le scandale de falsification de données s’étendrait désormais selon lui « à plusieurs dizaines de modèles ». Les 4×4 Pajero, les compacts Lancer ou encore les Colt auraient ainsi été commercialisés dans l’archipel nippon alors leurs tests de consommation seraient entachés d’iirégularité. Citant une personne proche du dossier, Asahi précise également que seul 3 modèles de fabrication Mitsubishi ont été testés selon des procédures conformes à la loi.

En avril dernier, Mitsubishi a tout d’abord avoué des manipulations de données sur plusieurs modèles de mini-voitures, en vue d’afficher des performances énergétiques avantageuses. Par la suite, le constructeur a reconnu avoir utilisé depuis 25 ans des tests non homologués au Japon, sans alors être en mesure de préciser le nombre de modèles et d’exemplaires concernés.

A l’heure actuelle, le groupe n’a pu donner de chiffres que pour les mini-véhicules fabriqués depuis 2013, à savoir 625 000 au total, dont 468 000 produites pour son compatriote et partenaire Nissan. Lequel souhaite que Mitsubishi rembourse les dommages et intérêts qu’il entend verser aux automobilistes lésés. Mitsubishi s’expose également aux sanctions des autorités.

A titre d’argumentation, le constructeur a pointé du doigt des objectifs trop ambitieux, lesquels auraient selon lui incité les employés à falsifier les tests en vue d’embellir les performances énergétiques des véhicules, la falsification pouvant atteindre 15 % dans certains. Les salariés se seraient sentis « obligés d’atteindre à tout prix les objectifs requis par la direction », même si ceux-ci n’étaient « pas réalistes » indique par ailleurs Mitsubishi.

Si les éléments rapportés par Asahi s’avèrent vérifiés, le constructeur japonais serait alors confronté à une crise majeure. Il a néanmoins assuré mercredi pouvoir gérer la crise avec ses propres ressources, sans avoir à recourir à l’aide des sociétés du groupe Mitsubishi, contrairement au passé.

« Il n’y a pas eu de discussions concrètes » à ce sujet, a affirmé le président du conseil d’administration de Mitsubishi, Osamu Masuko lors d’une conférence de presse. « Nos finances sont relativement saines. A ce stade, je pense que nous pouvons nous en sortir seuls », a-t-il ajouté, promettant par ailleurs « des réformes drastiques ».

Point positif toutefois : Osamu Masuko, a également assuré que les véhicules vendus à l’étranger avaient été soumis à des tests de performances énergétiques homologués et selon « des méthodes appropriées ». « Nous pensons qu’elles ne sont pas concernées et en termes de ventes, elles n’ont pas été affectées en avril », a-t-il par ailleurs ajouté. Les commandes ont quant à elles chuté dans l’archipel depuis les premières révélations.

Sources : Asahi, AFP

Elisabeth Studer – 11 mai 2016 – www.leblogfinance.com


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