Natixis IM craint “un effet contre-productif” des taux négatifs pour les investisseurs

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La BCE prend-elle de trop gros risques en renforçant sa politique accommodante? Si les banques souffrent des taux négatifs, les investisseurs devraient aussi s’en méfier, prévient Jean Raby, directeur général de Natixis Investment Managers, sur le plateau de “12h L’heure H”, ce lundi sur BFM Business.

“On craint que cette politique de taux négatifs (puisse) avoir un effet contre-productif” explique-t-il. “Si jamais (…) ça passe d’une mesure qui est faite pour susciter la croissance à une mesure qui crée de la méfiance, et qui crée une perte de confiance… Parce que, quand vous avez des taux d’intérêt négatifs et que vous continuez à souscrire à des obligations gouvernementales et même corporate à taux négatifs, qu’est-ce que vous dîtes? Vous dîtes, je n’ai pas de meilleure utilisation de mon argent, vous dîtes que vous n’avez pas de projets dans lesquels vous pouvez investir. Vous dîtes que vous n’avez pas de titres ou de projets d’investissements ou de classes d’actifs qui vous apparaissent susceptibles d’être intéressantes et de générer un rendement.”

“Cela peut créer de la méfiance”, martèle le patron de Natixis IM. Et “ça devient contre-productif”, souligne-t-il. “Je ne sais pas si on y est” mais on est “plus proche” de cette situation qu’auparavant, ajoute-t-il.

“Le défi pour nous, c’est d’être innovant”

Alors quelle stratégie dans ce contexte? “Evidemment, dans un contexte où la classe d’actifs obligataires à des taux négatifs n’offre plus de rendement immédiat, ou très faible, et bien, avec nos clients, on réfléchit à des structures alternatives. Ce qui veut donc dire des structures où on peut capitaliser sur la prime des liquidités”, poursuit Jean Raby. “Le défi pour nous, c’est d’être innovant pour essayer de créer ce couple risque-rendement qui soit acceptable pour nos clients. Mais je pense qu’on va inexorablement vers une augmentation de la part des actifs de nos clients qui sont investis dans les catégories alternatives”.

Le patron du deuxième gestionnaire d’actifs français s’attend par ailleurs au maintien de cette politique accomodante de la BCE dans les mois à venir. “On est dans une période qui n’a pas de précédent” explique Jean Raby. “Après 10 ans de stimulus, on se retrouve (avec) une croissance faible. On a plusieurs gouvernements de la zone euro qui sont quand même à la limite de l’exercice en terme de politique fiscale (…) On a une inflation qui ne repart pas. Peut-être qu’il y aura un choc externe qui relancera cette dynamique, qui permettra ensuite de normaliser les taux”, conlut-il.

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