Obligera-t-on un investisseur à vivre en Corse pour y acheter un logement?

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Les nationalistes corses veulent mettre fin à la spéculation immobilière sur leur île. Et pour cela, ils ressortent une proposition de 2014: la création d’un statut de résident corse. Les nationalistes demandent que soit interdit l’achat d’un bien immobilier aux particuliers qui vivent en Corse depuis moins de cinq ans.

Si l’on en croit les chiffres de MeilleursAgents, les prix de l’immobilier ont, au contraire, baissé. Ils seraient en repli de 5,1% en 10 ans. Ce qui inquiète surtout les Corses, c’est le nombre de résidences secondaires, trop élevé selon eux. Il est passé de 33% en 1999 à 36,2% en 2013, selon l’Insee. Selon les Corses, ces demeures seraient détenues principalement par des continentaux ou des étrangers. De quoi se sentir dépossédés.

Du changement dans la Constitution

Les Corses ont d’ailleurs décidé de mettre en garde les continentaux qui souhaitent acheter un bien, rapporte Le Figaro. Le mouvement nationaliste Corsica Libera tient « à prévenir les candidats acheteurs que nous engagerons dès que nous en aurons la possibilité une démarche d’expropriation de tous les biens immobiliers acquis en Corse depuis le 24 avril 2014 par des personnes physiques ou morales ne remplissant pas les conditions posées par la délibération de l’Assemblée de Corse ». Et il souligne « le caractère extrêmement risqué de l’acquisition projetée ».

Une mise en garde charitable mais bien inutile puisque les Corses n’auront aucun moyen – légal en tout cas – d’exproprier des propriétaires qui ne résident pas sur place. En effet, en 2014 le précédent gouvernement avait déjà répondu qu’il ne mettrait pas en place ce statut de résident qui serait une discrimination sur l’accès à la propriété. L’article 544 du Code civil est clair: « La propriété est le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue, pourvu qu’on n’en fasse pas un usage prohibé par les lois ou par les règlements ». Pour qu’un tel statut existe, il faudrait un article spécial dans la Constitution, explique Jean-Guy Talamoni, un des leaders nationalistes dans Corse Matin.

Rencontre au sommet

Pour l’instant, rien ne laisse penser qu’Emmanuel Macron fera un pas dans ce sens. Lors du discours prononcé ce mardi après-midi, le Président a affirmé la nécessité de donner un « avenir » à la Corse dans le « giron républicain », en rendant hommage au préfet Claude Erignac, assassiné il y a 20 ans jour pour jour dans une rue de la ville. « La République doit conserver cette ambition de ménager à la Corse un avenir à la hauteur de ses espérances, sans transiger avec les requêtes qui la feraient sortir du giron républicain », a déclaré le chef de l’État, très attendu par les dirigeants nationalistes de l’île qui réclament un « dialogue sans tabou ».

Un entretien entre Emmanuel Macron et les nationalistes est prévu à 19 heures dans le bâtiment majestueux de la Collectivité territoriale unique à Ajaccio. Le chef de l’État devrait attendre la dernière étape de sa visite dans l’île, à Bastia mercredi après-midi, pour préciser sa vision de la Corse dans un discours qui devrait faire date.

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