Pétrole Brent : Le pétrole prend 10% après les attaques de drones en Arabie Saoudite, les analystes s’enflamment

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Le pétrole s'envole lundi matin en réaction aux attaques de drones en Arabie saoudite

(BFM Bourse) – À la reprise des négociations des contrats à terme, les références mondiales de pétrole brut décollent de 10% en réaction aux attaques de drones yéménites contre des sites de production de Saudi Aramco paralysant 50% de l’appareil productif saoudien. Certains analystes imaginent déjà les barils de pétrole atteindre 100 dollars dans les semaines qui viennent.

Des attaques de drones menées par les rebelles yéménites contre des installations pétrolières en Arabie saoudite samedi ont réduit de moitié la production de brut du royaume, premier exportateur mondial d’or noir. Ce contexte engendre un violent regain d’aversion pour le risque et provoque l’ouverture dans le rouge des Bourses européennes, lundi matin, alors que les cours des barils de brut s’envolent. À la reprise des cotations, cette nuit, sur les marchés asiatiques, le baril de Brent, plus cher que celui de WTI, flambait de 11,32% à 66,36 dollars, son homologue texan bondissant d’autant (+11,36% à 61,08 dollars). Vers 9h15, les deux références mondiales ont quelque peur réduit leurs gains, n’affichant plus que des hausses de 7,94% à 65,00 dollars pour le Brent et de 7,32% à 58,81 dollars pour le WTI.

Les faits

Deux installations de la compagnie pétrolière saoudienne Aramco, dont le plus grand site mondial de transformation de brut, ont été attaquées samedi par des drones dans l’est de l’Arabie saoudite, provoquant “une perturbation de la production (5,7 millions de barils par jour seraient concernés, soit près de la moitié de la production saoudienne) ou 5% du commerce quotidien mondial du pétrole” indiquent les experts de Mirabaud Securities dans leur note matinale. Cette attaque de drones “a engendré un décalage historique des prix de l’or noir cette nuit” note Nicolas Chéron, responsable de la recherche marchés chez Binck.fr, qui précise que, “dans les premiers échanges le pétrole WTI a gagné jusqu’à 15% atteignant ainsi les 63 dollars avant de consolider”.

“Cette hausse spectaculaire résulte de plusieurs facteurs” poursuit Nicolas Chéron, qui évoque “la plus importante attaque d’infrastructures en Arabie Saoudite depuis 10 ans”. Le fait que l’incident soit intervenu le week-en n’est pas anodin non plus puisque “les vendeurs (les traders qui misaient sur la baisse, ndlr) ont été contraints de se racheter en pagaille à l’ouverture des marchés”.

Les analystes s’enflamment

Certains spécialistes du marché de l’or noir, à l’image de Greg Newman, co-CEO de Onyx Commodities, imaginent déjà le baril s’envoler vers les 100 dollars “si le problème n’est pas rapidement résolu”. Ce même analyste tablait sur une ouverture en hausse de l’ordre de deux dollars pour le baril de Brent, qu’il voyait consolider ses gains jusqu’à atteindre une hausse de l’ordre de 7 à 10 dollars par baril d’ici la fin de la journée de lundi. Bob McNally de Rapidan Energy abonde en ce sens : “Les barils de brut vont prendre entre 15 et 20 dollars cette semaine et leur prix devrait atteindre les trois chiffres d’ici un mois” anticipe-t-il. À peine moins haussier, l’analyste de JP Morgan Christyan Malek imaginait une variation comprise entre 3 et 5 dollars à court terme, avec une cible entre 80 et 90 dollars dans les trois à six mois.

Pour les experts de Mirabaud, “la clé réside dans deux éléments : la durée de l’immobilisation des installations et l’envenimement (ou non) de la situation géopolitique dans la région”. Et dans la perspective où “ces deux points ne devaient pas connaître d’excès, nous pensons que le prix du baril de pétrole (WTI) devrait continuer d’évoluer entre les 55 et 65 dollars”. Un avis partagé par d’autres analystes, à l’instar d’Ayham Kamel, d’Eurasia Group, qui ne table pas sur une hausse supérieure à 10 dollars par baril, “dans le cas où les dommages sont significatifs et persistants”.

Trump autorise le recours aux réserves stratégiques

Les Etats-Unis sont “prêts à riposter aux attaques conduites contre des infrastructures pétrolières saoudiennes”, a annoncé dimanche le président Donald Trump, après qu’un haut responsable de son administration en a imputé la responsabilité de l’attaque à l’Iran. Par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères Abbas Moussavi, Téhéran a jugé ces accusations “insensées” et “incompréhensibles”, estimant qu’elles avaient pour but de justifier “des actions futures” contre l’Iran. Parallèlement, le président américain a autorisé le recours aux réserves stratégiques pour compenser la baisse de production saoudienne et assurer une relative stabilité sur le marché de l’or noir.

Les parapétrolières en profitent

“Les valeurs pétrolières et parapétrolières devraient profiter à court terme de ce regain d’intérêt pour l’or noir (…) et des dossiers volatils comme les parapétrolières CGG, Vallourec ou encore Maurel et Prom entre autres, pourraient tirer leur épingle du jeu” affirmait Nicolas Chéron dans sa note matinale. L’ouverture du marché parisien lui a donné raison , les titres des société parapétrolières signant les meilleurs performances de ce début de matinée, avec des gains de 4,9% pour Maurel et Prom, de 3,6% pour CGG et Vallourec ou encore de 3,3% pour Schlumberger. Total prend également 2,5%, alors que TechnipFMC domine le palmarès du CAC avec une hausse de 4% vers 9h45.

À l’inverse, Air FranceKLM devrait subir le renchérissement du coût du pétrole (qui va se répercuter sur celui du kérosène) et lâche 3,8%. Airbus cède 3,1%, pire performance de l’indice phare dans les premiers échanges.

Quentin Soubranne – ©2019 BFM Bourse

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