Pétrole Brent : Pour Bank of America, le baril pourrait tomber à 30 dollars si la Chine décider de racheter du pétrole iranien

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Pour les analystes de BoAML, le baril de brut pourrait tomber à 30 dollars

(BFM Bourse) – Les analystes de la banque américaine considèrent que si Pékin décide de faire fi des sanctions américaines et d’acheter de nouveau du pétrole iranien, en représailles aux derniers tarifs douaniers imposés par Washington, les cours des barils d’or noir pourraient nettement chuter, jusqu’à 30 dollars

Les cours du pétrole brut pourrait lâcher jusqu’à 30 dollars par baril, selon les analystes de Bank of America Merrill Lynch (BoAML). De fait, si Pékin décide, en représailles aux nouveaux tarifs douaniers de 10% imposés par Washington sur 300 milliards de dollars de produits chinois, de recommencer à acheter du pétrole iranien en passant outre les sanctions américaines à l’encontre de Téhéran, cela pourrait provoquer une brusque chute des cours de l’or noir. “Si on maintient nos anticipations d’un baril de brut à 60 dollars en 2020, nous admettons que si la Chine décide de relancer ses achats de pétrole iranien, les cours pourraient partir en vrille” selon les spécialistes de BoAML, qui anticipent une chute comprise entre 20 et 30 dollars par baril si ce scénario se confirme.

Pour rappel, le ministre chinois du Commerce a menacé les États-Unis de représailles après l’annonce de Donald Trump concernant les nouveaux tarifs douaniers. La décision du président américain avait fait chuter les cours de l’or noir de près de 8% jeudi 1er août dernier, ce qui correspond à son plus fort repli journalier depuis près de 5 ans. Les analystes de BoAML mettent d’ailleurs en garde contre la volatilité sur le marché du pétrole, qui devrait repartir à la hausse alors que les marchés attendent la réponse de Pékin à Washington. La décision de racheter du pétrole iranien “saperait la politique étrangère américaine et amortirait les effets négatifs de la hausse des tarifs douaniers américains sur l’économie chinoise”, affirme BoAML.

Chute des exportations iraniennes

Selo des données compilées par S&P Global Patts, les exportations iranienne de pétrole ont reculé de 2,5 millions de barils par jour (mbj) en juin 2018 à environ 875.000 barils par jour en mai dernier, puis à seulement 550.000 barils par jour en juin. Pire, d’après des sources du secteur citées par Reuters, ces exportations auraient même chuté à 100.000 barils par jour au mois de juillet. Pour rappel, les Etats-Unis ont rétabli des sanctions contre Téhéran en novembre dernier après le retrait de Téhéran de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien. En mai, l’administration Trump a mis fin à des exemptions dont bénéficiaient plusieurs importateurs de pétrole iranien -dont la Chine et l’Inde, les deux pays plus gros importateurs de brut iranien- dans l’intention de réduire à zéro les ventes de brut de la République islamique.

Une demande mondiale en berne

Malgré leur net rebond vendredi, les deux références mondiales de pétrole brut ont respectivement cédé 3,8% (Brent) et 1,5% (WTI) cette semaine, sur fond de craintes concernant la demande mondiale. Les analystes de BoAML estiment que la dernière vague de tarifs douaniers pourrait réduire la demande mondiale de 250.000 à 500.000 barils par jour, ce qui s’ajoute aux craintes liées au ralentissement de la croissance mondiale qui va également peser à la baisse sur la demande en hydrocarbures. Un rapport publié vendredi par l’Agence internationale de l’Énergie (AIE) indique à cet égard que la demande mondiale de pétrole a augmenté, sur les cinq premiers mois de l’année, à son rythme le plus faible depuis la crise financière de 2008. L’AIE met en cause les signes de plus en plus nombreux de ralentissement économique et la persistance du conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine.

L’AIE a par ailleurs abaissé de 100.000 barils par jour (bpj) sa prévision de croissance de la demande pour l’ensemble de l’année en cours, à 1,1 mbj. Elle en a fait de même pour 2020, puisqu’elle ne prévoit plus qu’une hausse de la demande à 1,3 mbj, soit 50.000 de moins que précédemment

“La détérioration des volumes d’échanges commerciaux internationaux observée cette année va mathématiquement se répercuter sur la demande en pétrole brut” a indiqué à CNBC Edward Bell, le directeur de la recherche sur les matières premières chez Emirates NBD. Et “si cela se confirme en fin d’année 2019, voire lors des premiers mois de 2020, alors que nous nous approcherons de la fin du mandat de Donald Trump, celui-ci voudra probablement maintenir la pression sur la Chine, et il deviendra vraiment compliqué pour le baril de brut d’échapper aux inquiétudes sur la demande mondiale” prédit l’expert.

Quentin Soubranne – ©2019 BFM Bourse

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