PEUGEOT : Après d'impressionnants résultats 2018, Peugeot veut accélérer en dehors de l'Europe

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(BFM Bourse) – Au lendemain d’un plus haut de cinq mois, le titre Peugeot accuse la plus forte baisse du SBF 120 mardi. Si les résultats 2018 sont jugés impressionnants par les analystes, la revalorisation de 32% du titre en deux mois et demi incite aux prises de bénéfices.

Si le groupe PSA a de l’avis général livré des résultats remarquables au titre de 2018, affichant notamment une génération de trésorerie supérieure à celle des constructeurs allemands, la récente revalorisation du titre pousse aux prises de bénéfices mardi. Le titre cède ainsi 3,16% à 22,04 euros vers 11h45.

Difficile de trouver à redire quant aux résultats du constructeur automobile tricolore. Dans le sillage des solides publications émises trimestre après trimestre l’an dernier, le bilan de l’exercice écoulé se détache encore favorablement par rapport aux anticipations. Le chiffre d’affaires du groupe a atteint le niveau record de 74 milliards d’euros, en hausse de 18,9% par rapport à 2017 et de 23,3% à taux de changes et périmètre constants. Les ventes de la branche historique PCD (Peugeot-Citroën-DS) ont crû de 5,6% à 43 milliards d’euros, principalement tiré par l’amélioration du mix produit (+4%), tandis que le pôle OV (Opel-Vauxhall, racheté à General Motors) a enregistré 18,3 milliards d’euros de ventes (contre 7,24 milliards pour les cinq mois de consolidation de 2017).

La marge opérationnelle courante s’est établie à 7,7%, dont 7,6% pour les seules activités automobiles, soit un résultat opérationnel pour l’auto supérieur de 10% aux prévisions à 3,6 milliards d’euros. La marge a atteint 8,4% chez PCD -bien au-delà de l’objectif d’au moins 4,5% visé dans le cadre du plan Push to Pass- et 4,7% chez OV. « Il convient de s’arrêter un instant pour prendre vraiment la dimension de ce niveau de rentabilité dans le contexte des défis qui se posent aux constructeurs premium, de bouleversements provoqués par le WLTP, et globalement par rapport au niveau historique de rentabilité de la plupart des constructeurs européens », a souligné Bernstein, confirmant son conseil d’achat (le niveau de marge que dégagent BMW ou Daimler est actuellement d’un peu moins de 8%).

Opel-Vauxhall transformé en machine à cash-flow

Le résultat net consolidé de PSA a atteint 3,295 milliards d’euros, à comparer à 2,347 milliards en 2017 (dont 2,827 milliards en part du groupe au lieu de 1,924 milliard en 2017), ce qui amène le groupe à booster son dividende à 0,78 euro par action, contre 0,53 euro l’an dernier.

En termes de free cash-flow, les activités industrielles et commerciales ont généré un flux de trésorerie de 3,5 milliards d’euros (dont 1,357 milliard pour Opel-Vauxhall grâce à la poursuite de la résorption des stocks, alors que la marque au Blitz engloutissait du cash depuis une quinzaine d’années). Le bureau d’études Evercore ISI remarque pour sa part que ce niveau de cash-flow excède celui que réalisent les activités automobiles de BMW, Daimler et même Volkswagen (en faisant abstraction des dividendes qu’ils perçoivent de leurs joint-ventures chinoises).

Dans ce contexte, les nouveaux objectifs dressés par le groupe piloté par Carlos Tavares apparaissent plutôt timides. Les objectifs initiaux du plan Push to Pass ayant été (largement) dépassés pour la période 2016-2018, PSA compte dégager sur la période 2019-2021 un taux de marge opérationnelle courante moyenne supérieure à 4,5% pour l’ensemble de la division automobile (PCD et OV).

Coup d’accélérateur sur les ventes hors d’Europe

Si sa marge 2018 était déjà bien supérieure, le dirigeant a souligné qu’il s’agissait là avant tout d’apporter une assurance aux investisseurs en garantissant un niveau plancher « quelles que soient les circonstances ». Pour l’heure, le groupe prévoit un marché automobile stable en Europe, en baisse de 1% en Amérique latine et de 3% en Chine et en hausse de 5% en Russie.

Parallèlement, PSA veut désormais accroître de 50% ses ventes en dehors de l’Europe. D’ici 2021, le groupe se fixe pour objectif de développer respectivement Peugeot en Amérique du Nord, Citroën en Inde et Opel en Russie.

« Nous sommes convaincus d’avoir les moyens de revenir [en Amérique du Nord] en étant créatifs et frugaux à la fois. Nous avons établi une stratégie spécifique en termes de produits, de réseau de distribution et d’approvisionnement », a indiqué Carlos Tavares lors d’une conférence dédiée aux analystes, tout en soulignant que la décision finale ne serait prise qu’une fois clarifié le contexte douanier en vigueur aux Etats-Unis.

Guillaume Bayre – ©2019 BFM Bourse

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