Placements: comment investir dans des actions en Bourse?

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Nul ne se plaît à envisager les scénarios défavorables. Et pourtant, il est primordial de prendre la mesure des risques auxquels vous vous exposez en investissant sur les marchés d’actions. L’examen des frais de gestion et de la fiscalité applicable fait aussi partie des étapes peu passionnantes mais incontournables. Pour autant, le fait de structurer un portefeuille en y intégrant un pourcentage d’actions revêt un certain nombre d’avantages… A commencer par leur liquidité le plus souvent quasi immédiate et le rendement potentiellement élevé à la clé.

Dans l’absolu, si la règle de base consiste encore et toujours à diversifier et à investir de façon régulière dans le temps afin de lisser les à-coups, il n’en demeure pas moins qu’un certain nombre d’arbitrages peuvent être opérés… Surtout lorsque la volatilité de l’actif sélectionné est importante. C’est le cas des actions. Nos conseils* avec l’éclairage de Bertrand Tourmente, fondateur d’Althos Patrimoine et d’Albert d’Anthoüard, directeur de la clientèle privée au sein de Nalo.

Qu’est ce qu’une action?

Par action, il convient de comprendre fraction du capital d’une entreprise. Lorsque vous détenez des actions, vous devenez “propriétaire” d’une partie de la société. Celles-ci peuvent être cotées en Bourse, ou non (dans ce cas les transactions éventuelles se font directement entre vendeur et acheteur à un prix qui n’est pas rendu public).

Pour acheter ou vendre une action cotée, il est nécessaire de passer par un intermédiaire financier tel que votre banque, un courtier, ou un gestionnaire d’actifs et/ou de patrimoine. Ces derniers vous préconiseront – toujours en fonction de votre profil d’investisseur – de passer par le biais de différentes enveloppes qui peuvent, par exemple, prendre la forme d’un plan d’épargne en action (PEA), d’un contrat d’assurance-vie ou d’un compte titre.

Quel est le niveau de risque en Bourse?

Le fait d’investir dans des actions est considéré comme un placement à risque. L’actionnaire peut en effet perdre toute sa mise de départ si l’entreprise fait faillite. Et la volatilité des marchés fait qu’il est possible de subir d’importantes moins-values entre le moment de l’achat et celui de la revente des titres. Enfin, certaines petites valeurs sont peu liquides (elles sont peu échangées entre investisseurs), ce qui peut alors vous empêcher de les revendre.  

Quel est le ticket d’entrée minimum?

En principe, le ticket d’entrée correspond au cours de l’action (hors éventuels frais de courtage). Il peut donc être de quelques euros voire de quelques centimes d’euros pour les “penny stocks”. Mais dans les faits, cela n’a pas grand intérêt pour espérer générer une plus-value.

Par ailleurs, lorsque vous achetez des parts dans des fonds, un montant minimum d’investissement peut vous être demandé (par exemple 500 ou 1000 euros). Pour les contrats d’assurance-vie, le ticket d’entrée change de manière importante selon les acteurs et les contrats proposés. Cela peut aller d’une quarantaine d’euros à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Tout dépend de la manière dont il est constitué.

Par quel biais peut-on acheter des actions ?

Il existe trois grands moyens d’acheter des actions (de manière directe en achetant des titres ou de manière indirecte via des fonds) :

– Via un plan d’épargne en action (PEA) : achat en direct ou indirect

– Via un contrat d’assurance-vie : achat indirect (sauf exceptions)

– Via un compte titre : achat en direct ou indirect

Il y a donc 3 “poches” ou 3 “enveloppes” possibles pour miser sur la Bourse. 

De manière générale (sauf si en tant que fin connaisseur vous investissez en direct sur les marchés boursiers), les particuliers passent généralement par le biais de fonds gérés par des spécialistes ou des trackers (des actifs qui répliquent les performances d’un indice, comme par exemple le CAC 40 ou le S&P 500).

Quels sont les frais à surveiller?

Il existe de nombreux frais différents lorsque vous investissez sur les marchés actions. Voici les principaux:

– frais de courtage (pour les ordres à l’achat ou à la vente d’un actif, que ce soit une action ou un fonds)

– frais de souscription ou droit d’entrée (commission prélevée au moment de l’achat d’un fonds)

– droits de garde (ou frais de tenue de compte)

– frais de gestion (pour les fonds)

En fonction du produit visé et de votre intermédiaire financier pour le courtage, les frais varient ainsi grandement. 

Si vos actions sont gérées par un intermédiaire tel qu’un OPCVM (comprenez: un organisme de placement collectif en valeurs mobilières), des frais d’entrée et de sortie seront appliqués et varieront également selon la composition de l’enveloppe. Des frais qui, forcément, viendront réduire la performance finale de votre investissement. Aussi, pour bien prendre la mesure de ce qui vous attend, un document répondant au nom de DICI (Document d’informations clé de l’investisseur) est disponible pour vous aiguiller.

A quel rendement s’attendre ?

Tel que le souligne l’Institut de l’épargne immobilière et foncière dans son étude 2019 sur les performances comparées des placements, le taux de rentabilité interne (TRI) sur dix ans des actions (comprenez: ce qu’a rapporté l’achat, la détention et la vente de celles-ci, en incluant tous les flux, tels que les dividendes) a généré un rendement de 9,1% entre 2008 et 2018. Mieux encore, poursuit l’institut, sur une durée de détention de 40 ans entre 1978 et 2018, le TRI des actions a atteint 24,2% pour une volatilité de 13,7%.

>> Retrouvez le palmarès BFM Bourse 2019 des actions du CAC 40 les plus rentables depuis 5 ans

Bien que les cours mondiaux soient très régulièrement soumis à d’importantes pressions – l’année 2018 en atteste avec un repli de plus de 11% constaté sur le CAC 40 par exemple – difficile pour les investisseurs de passer outre l’actif action (dont le taux de rendement dépasse sans mal celui des livrets d’épargne comme le Livret A) dans la structuration de leur portefeuille. L’idéal étant de s’inscrire dans une logique de long terme.

Quelle est la fiscalité sur les actions?

Sur le papier, les dividendes et les gains réalisés au moment de la revente d’un titre sont imposables depuis 2018 au prélèvement forfaitaire unique (PFU). Autrement dit à la “flat tax”. Et ce, à hauteur de 30%. Un taux global qui prend en compte l’impôt sur le revenu proprement dit (à 12,8%), ainsi que les prélèvements sociaux (désormais fixés à 17,2%).

Ce PFU s’applique:

– aux plus-values réalisées lors de la cession d’une action ou d’un fonds

– aux dividendes qui vous sont versés en tant qu’actionnaire

Néanmoins, le PEA et l’assurance-vie bénéficient de régimes fiscaux spécifiques. 

Dans le cadre d’une assurance-vie, il faut distinguer en fonction de l’ancienneté de votre contrat. Si votre contrat a moins de 8 ans au moment des rachats, “les produits de vos contrats d’assurance-vie sont soumis, lors de leur versement, à un prélèvement forfaitaire non libératoire de 12,8%”, détaille le site service-public. “Ces revenus seront ensuite portés sur votre déclaration de revenus pour être imposés: soit à un taux forfaitaire de 12,8%, soit au barème progressif de l’impôt sur le revenu si vous choisissez cette option lors du dépôt de votre déclaration de revenus. L’excédent éventuel vous est restitué”, explique l’administration. Si votre contrat a plus de 8 ans, la fiscalité est différente. Les produits versés sont taxés à un taux de prélèvement forfaitaire non libératoire de 7,5%. S’applique ensuite un abattement annuel (de 4.600 euros pour une personne, de 9.200 euros pour un couple). Puis vous avez le choix entre un taux forfaitaire (7,5% en-dessous de 150.000 euros, 12,8% au-delà) ou le barème progressif de l’impôt sur le revenu (IR). 

Pour le PEA, là aussi, la fiscalité va dépendre de l’ancienneté. Si vous effectuez des retraits avant 5 ans, le gain réalisé depuis l’ouverture du PEA est taxé à 12,8%. S’y ajoutent les prélèvements sociaux de 17,2%. Si votre PEA a plus de 5 ans en revanche, “les plus-values réalisées ne sont pas imposables sur le revenu”, indique le site service-public. En revanche, les prélèvements sociaux s’appliquent toujours (au taux de 17,2%).

Quel montant de son patrimoine investir en actions?

Dans l’absolu, Bertrand Tourmente estime que “structurer son portefeuille en y intégrant 25% d’immobilier non coté (SCI, SCPI ou OPCI), 25% d’actifs prudents, 25% de non coté (private equity) et 25% d’actions constitue une bonne stratégie. Résultat: si vous disposez de 50.000 euros de côté par exemple, mieux vaut – comme souvent – jouer la carte de la diversification en allouant 12.500 euros de votre portefeuille aux actions.

Pour sa part, Albert d’Anthoüard suggère d’y consacrer 20.000 euros environ sur un portefeuille d’investissement de 50.000 euros.

Ce qu’en pensent les experts

Ce dernier rappelle qu’il n’y a jamais de “bons coups” mais que s’orienter vers des titres “verts” en tablant sur de l’investissement socialement responsable (ISR) en actions peut être une option. Pour ce faire, Albert d’Anthoüard propose de passer par le biais d’organismes de placement collectif de valeurs mobilières (OPCVM). L’expert indique, par ailleurs, qu’au-delà du “caractère actuel” et de l’essor que connaît l’ISR, il ne constate pas de performance moindre avec des titres responsables qu’avec des actions “traditionnelles”. C’est même d’ailleurs tout l’inverse. “Ces dernières années, le rendement des titres responsables a été légèrement plus important que celui des actions classiques”, explique-t-il, tout en préconisant de conserver ces actions “vertes” pendant au moins 10 ans.

De son côté, Bertrand Tourmente rappelle la nécessité de “disposer d’un regard humble. Plus on écoute le bruit du marché, plus on risque de faire des erreurs d’investissement”, concède-t-il. “Il faut se fier à la qualité des actifs et tabler sur des investissements qui fonctionnent quel que soit le cycle économique”.

Par ailleurs, ce dernier estime que le court terme s’avère bien souvent “dangereux” (…) “Il faut dans tous les cas acheter des actifs de grande qualité. A titre d’exemple, acheter des actions à forte croissance et qui se trouvent décorrélées des marchés est une bonne chose”, ajoute-t-il. Si bien qu’en structurant de manière équitable son portefeuille d’investissement et en tablant sur des actions triées sur le volet, il est possible de “traverser toutes les crises avec la plus grande sérénité”. 

*Ces préconisations s’inscrivent dans une logique globale. Avant d’opérer tout arbitrage au sein de votre portefeuille, il est recommandé – outre le fait de se faire accompagner par un conseil en gestion d’actifs et/ou patrimonial – de déterminer l’appétence aux risques dont vous disposez, de bien évaluer votre patrimoine, mais également d’appréhender comme il se doit l’objectif de votre investissement. Les préconisations mentionnées dans cet article n’ont qu’une valeur indicative.

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