Placements : comment structurer son patrimoine quand on a 40 ans ?

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Les décennies passent et les priorités évoluent… A l’approche de la quarantaine, on entre dans une phase de vie qui, le plus souvent, s’accompagne d’une hausse significative des revenus dans les quinze années qui suivent. Si les épargnants ont tendance à se concentrer sur le remboursement de leur achat immobilier, d’autres enjeux les guettent. A commencer par une imposition nettement plus forte de leurs revenus et de leur patrimoine.

Un point dont Cédric Forman, Directeur Général de Thesaurus, société de conseil en Gestion Privée, et Charly Tournayre, Responsable du service ingénierie patrimoniale, ont forcément pris la mesure.

Dans quelle situation financière et patrimoniale se trouvent généralement les personnes qui entrent dans la quarantaine aujourd’hui ?

Charly Tournayre : Il s’agit d’une phase de vie où les revenus augmentent et durant laquelle la capacité de crédit se révèle plus importante également. C’est une période de construction du patrimoine qui s’accompagne de plusieurs problématiques. D’une part, de problématiques juridiques et fiscales, d’autre part, de problématiques de placements.

Pour ce qui est des enjeux juridiques et fiscaux, le fait que l’on commence à bien gagner sa vie engendre des questions portant sur l’imposition mais aussi sur la structuration de son patrimoine. Cette phase de vie (à partir de 35 ans/40 ans) est une période de construction tant d’un point de vue personnel que patrimonial. Il peut donc, à ce moment-là, se révéler pertinent de créer une SCI ou une SARL de famille par exemple, de développer son patrimoine immobilier, de mettre en place des stratégies autour de l’IFI, ou encore de faire évoluer son régime matrimonial en fonction des besoins ou des problématiques naissantes.

Quelle stratégie d’investissement préconisez-vous ?

Charly Tournayre : Côté placements, on s’inscrit véritablement dans l’idée de dynamiser son patrimoine. On peut se permettre d’aller vers des investissements dynamiques et à rendement important (SCI de rendement, SCPI avec vision à moyen/long terme, placements d’assurance vie structurés avec davantage de parts d’unités de compte).

Néanmoins il est important de ne pas risquer le capital en construction. Un juste équilibre doit être trouvé pour garantir tout de même une certaine sécurité. Le fait de privilégier des placements défiscalisants comme le Malraux, le Pinel ou les monuments historiques est une option à considérer. Cela permet non seulement de « gommer » de façon significative l’impôt sur le revenu, mais aussi d’intégrer des biens de caractère (pour les investissements Malraux et monuments historiques) valorisables à terme. Il est important de raisonner « global » en recherchant à la fois l’intérêt juridique et fiscal mais aussi financier et patrimonial.

Pourquoi envisager de tels investissements ? Parce que c’est à cet âge que l’on peut réaliser des emprunts à plus ou moins long terme. Le plafond d’endettement n’est généralement pas un problème durant cette période. Plus à la marge, le fait de miser sur un PEA (surtout du fait de l’arrivée de la loi PACTE) pour un placement dynamique et défiscalisant ou encore un plan d’épargne entreprise permet là aussi de développer un patrimoine de façon intelligente.

Il peut aussi être judicieux de penser déjà à sa transmission lorsque le patrimoine le permet. Les taux de démembrement sont particulièrement intéressants. A titre d’exemple, en transmettant jusqu’à 100 000 euros par enfant à la quarantaine, aucun droit de donation ne sera applicable et vous pourrez de nouveau transmettre quinze plus tard en franchise de droit. Au total, il sera donc possible de transmettre 300 000 euros par enfant et par parent au cours de sa vie en franchise de droit de donation en anticipant sa transmission. Une stratégie particulièrement intéressante qui n’empêche pas aux parents de conserver la maîtrise de leur patrimoine lorsque des précautions juridiques sont prises.

Quels sont les points d’attention à observer durant cette période ?

Cédric Forman : Clairement, c’est à la quarantaine que l’on se trouve au maximum de son employabilité, avec des revenus en hausse et un potentiel de crédit conséquent. C’est la période de la vie où il est possible de construire un patrimoine diversifié et équilibré avec une vision moyen / long terme, que cela passe par une stratégie patrimoniale immobilière, la souscription d’un contrat d’assurance-vie ou d’un PEA selon l’appétence au risque de l’épargnant.

Charly Tournayre : Outre l’idée de construire un patrimoine plus dynamique, il ne faut pas omettre le fait de le diversifier. Ainsi et toujours dans une logique de stratégie, il peut aussi s’avérer intéressant à partir de la quarantaine d’ouvrir un ou plusieurs contrats d’assurance-vie. Ceci permet en effet de faire courir le fameux délai de 8 ans au-delà duquel les retraits bénéficieront d’un régime d’imposition dérogatoire.

Cédric Forman : Au final, le véritable risque tient au fait de placer tous ses œufs dans le même panier. A la quarantaine, le patrimoine des épargnants est en cours de construction. Dans l’absolu, rien n’est interdit dans le cadre d’une stratégie de diversification. Du moment que celle-ci est conseillée par un professionnel sérieux ayant pris en compte les projets de vie de chacun.

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