Pourquoi Herta investit 85 millions d'euros en France

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C’est une annonce qui tranche avec le climat morose ambiant lié à l’impact économique de la crise sanitaire. Si nombre d’entreprises réduisent la voilure, le spécialiste de la charcuterie Herta annonce quant à lui ce jeudi 26 novembre investir 85 millions d’euros sur deux ans en France. “Je n’ai jamais vécu ça dans ma carrière, commente Alexis Gorline, directeur industriel d’Herta. C’est tout à fait conséquent à l’échelle de l’entreprise.” Et effectivement, le directeur général d’Herta, Arnaud de Belloy, rappelle que l’investissement s’établissait jusqu’alors autour de 15 millions d’euros par an. Un investissement conséquent et orienté vers les sites de production français.

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La quasi-totalité de l’enveloppe se destine ainsi au site de Saint-Pol-sur-Ternoise dans le Pas-de-Calais (57 millions) et au site alsacien d’Illkirch-Graffenstaden (25 millions). Sur le premier qui produit aujourd’hui 70.000 tonnes de jambon Le Bon Paris, lardons ou encore saucisses Knacki par an, la création “un nouvel atelier de conditionnement pour les saucisses Knacki” est notamment prévu. 3.000 mètres carrés supplémentaires doivent venir s’ajouter aux…

st une annonce qui tranche avec le climat morose ambiant lié à l’impact économique de la crise sanitaire. Si nombre d’entreprises réduisent la voilure, le spécialiste de la charcuterie Herta annonce quant à lui ce jeudi 26 novembre investir 85 millions d’euros sur deux ans en France. “Je n’ai jamais vécu ça dans ma carrière, commente Alexis Gorline, directeur industriel d’Herta. C’est tout à fait conséquent à l’échelle de l’entreprise.” Et effectivement, le directeur général d’Herta, Arnaud de Belloy, rappelle que l’investissement s’établissait jusqu’alors autour de 15 millions d’euros par an. Un investissement conséquent et orienté vers les sites de production français.

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La quasi-totalité de l’enveloppe se destine ainsi au site de Saint-Pol-sur-Ternoise dans le Pas-de-Calais (57 millions) et au site alsacien d’Illkirch-Graffenstaden (25 millions). Sur le premier qui produit aujourd’hui 70.000 tonnes de jambon Le Bon Paris, lardons ou encore saucisses Knacki par an, la création “un nouvel atelier de conditionnement pour les saucisses Knacki” est notamment prévu. 3.000 mètres carrés supplémentaires doivent venir s’ajouter aux 50.000 du site aujourd’hui. L’augmentation des capacités de production, l’agrandissement des laboratoires Qualité ainsi que l’amélioration des conditions de travail font partie des points clé de ce plan d’investissement. Sur le site d’Illkirch (17.000 tonnes de jambons, saucisses Knacki et Knacki végétale par an), la réduction de la pénibilité liée aux tâches de manutention doit être réalisée grâce à des technologies innovantes, Alexis Gorlin évoquant des “exoquelettes”. 2,7 millions d’euros seront enfin attribués aux deux plateformes logistiques de Le Meux et Lozanne.

Essor du fait maison

“En dépit des difficultés liées à cette période, nous poursuivons notre ambition de croissance”, se réjouit Arnaud de Belloy. Si le poids-lourd de la charcuterie en France –une part de marché de 14%, leader sur “les jambons cuits, les lardons et les saucisses Knacki et les pâtes à tarte”, comme se plait à rappeler le patron d’Herta-, a dû faire preuve d’agilité pour adapter la production pendant cette période de crise sanitaire et de confinements, il a vu ses ventes augmenter sur certaines catégories de produits, boostées par l’essor du fait maison.

Si cette tendance répond à une préoccupation de plus en plus grande des Français vis-à-vis de la composition des produits alimentaires –le secteur agroalimentaire doit d’ailleurs s’adapter aux nouvelles attentes, moins de sel, moins d’additifs notamment-, le fait maison est porté également par des Français qui se sont remis aux fourneaux à l’occasion des confinements. Emily Mayer, experte des produits de grande consommation au sein du panéliste IRI, confirmait à Challenges en septembre que le fait maison continuait “à bien se porter”, avec de belles ventes de farines par exemple.

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Arnaud de Belloy souligne d’ailleurs que le marché des ingrédients de cuisine (lardons notamment) se porte particulièrement bien: “+16% en valeur”. Idem pour les pâtes à tarte qui affichent “+12%”. Quant au marché du jambon, il “était plutôt en décroissance ces dernières années mais cette année, il affiche +8%”, a-t-il ajouté à l’occasion de la présentation du plan d’investissement. Herta, devenue depuis juillet 2020 une co-entreprise détenue à 60% par l’espagnol Casa Tarradellas et à 40% par Nestlé, revendique des ventes aux consommateurs qui s’établissent sur un an à fin octobre à 1,43 milliard d’euros, en hausse 10,4%. “Et nous avions une croissance de 8% l’an dernier”, renchérit Arnaud de Belloy qui se targue que la “marque est présente dans près de 9 foyers sur 10”. Si le plan d’investissements n’affiche pas d’ambition de recrutement –bien qu’Herta affirme recruter régulièrement-, il n’en reste pas moins “un message fort” adressé à ses partenaires, clients et salariés en cette période incertaine.

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