Pourquoi le chômage baisserait, si la France comptait moins de propriétaires

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Dans l’émission L’heure H sur BFM Business, Emmanuel Lechypre est revenu cette semaine sur une célèbre étude de l’économiste Andrew Oswald, qui démontre l’existence d’un lien entre le taux de chômage d’un pays et la proportion de ses habitants qui sont propriétaires de leur logement. 

Les locataires seraient en effet plus enclins à déménager pour saisir une opportunité professionnelles. Et comme le souligne le Ministère de l’Économie et des Finances dans un document publié en 2013les coûts liés au déménagement peuvent « rendre les propriétaires ayant un emploi moins enclins à chercher des opportunités plus intéressantes ou plus adaptées à leurs compétences ».

Par ailleurs, acheter sa résidence principale « restreint la zone de prospection d’un demandeur d’emploi qui peut renoncer à une offre située loin de son domicile si le gain associé à la reprise d’emploi est inférieur au coût engendré par son déménagement ».

Si bien que d’après Oswald, une augmentation de dix points du taux de propriétaires occupant leur logement accroîtrait d’environ deux points le taux de chômage. En d’autres termes, les pays ayant une forte proportion de locataires auraient un taux de chômage plus faible.

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C’est effectivement le cas de l’Allemagne, qui détient le plus fort taux de locataires d’Europe (46,6% selon Eurostat) et un des taux de chômage les plus faibles de la zone euro. En 2017, il est passé sous la barre des 6% (5,7% précisément). Du jamais vu depuis 1990. À l’inverse, la France compte 57,9% de propriétaires, contre 53,7% il y a trente ans. Et son taux de chômage (9%) est au dessus de la moyenne européenne.

Selon Oswald, cette corrélation entre taux de chômage et proportion de propriétaires est surtout observée dans les pays où les coûts moyens de transaction -dont les droits de mutation (« frais de notaire ») constituent une part significative- sont les plus élevés. En France, lors d’une vente, ils représentent en moyenne 14% du prix d’achat du bien. Aucun autre pays de l’OCDE, hormis la Belgique (15%), n’affiche une fiscalité aussi importante.

Et dans les pays anglo-saxons? Aux États-Unis, le fait d’être propriétaire occupant plutôt que locataire n’exerce d’effet ni sur la mobilité professionnelle ni sur la durée du chômage. Et en Grande-Bretagne, l’effet sur la durée du chômage est très modeste. « Ces résultats seraient à relier à la faiblesse des coûts de transaction immobilière dans ces deux pays », conclut la note du ministère.

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