Pourquoi l’époque du tout fonds euros dans l’assurance-vie est révolue

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Alors que les assureurs-vie commencent à publier des taux de rendement particulièrement faibles pour 2019 sur les contrats en fonds euros, cette allocation dénuée de risques au sein du placement préféré des Français a-t-elle encore un avenir?

Longtemps, les fonds euros d’assurance vie ont été le placement privilégié des épargnants français. Selon la Fédération française de l’assurance (FFA), la collecte nette de l’assurance vie en 2018 a atteint 22,4 milliards d’euros, le meilleur résultat constaté depuis 2015. Et à fin octobre 2019, ces fonds au capital garanti attiraient encore les trois quarts de la collecte de l’assurance-vie, selon les données provisoires publiés le mois dernier par la FFA.

Mais les chiffres sont là. Les taux servis pour les fonds euros s’amenuisent d’année en année. En 2019, les analystes tablent sur un rendement moyen oscillant entre 1,30 et 1,40% (contre 1,80% en 2018).

À titre d’exemple, après Swiss Life, c’est Generali qui a récemment communiqué un taux de rendement de 1% seulement pour 2019. La faute à des règles prudentielles qui fragilisent le secteur, expliquent les observateurs. Les assureurs se retrouvent aujourd’hui pris en étau entre, d’un côté la faiblesse des rémunérations qu’ils obtiennent eux-mêmes sur le marché des obligations d’Etat ; de l’autre l’obligation de garantir à leurs clients le capital investi. Quoi qu’il en soit, l’érosion du rendement préoccupe les épargnants.

La performance n’est plus

Pour Stéphane Vidal, PDG du groupe Primonial, interrogé à l’occasion de la 2e édition du Sommet BFM Patrimoine, il convient de relativiser cette problématique. “Je ne pense pas que ce soit la fin des fonds en euros pour deux raisons”, indique-t-il. “La première c’est qu’il n’y a pas que des fonds euros traditionnels, c’est-à-dire investis dans les obligations d’Etat. (…) Et il ne faut pas oublier aussi que dans le profilage de nos clients, le fonds en euros n’est plus vu comme un moteur de performance traditionnel. (…) Il a toujours un rôle, ce n’est plus un rôle de performance, c’est un rôle de profilage clients. (…) Et puis il y a la diversification de l’épargne qui doit aider nos clients à s’en sortir malgré cette mauvaise ambiance sur l’actif général traditionnel”, argumente-t-il.

Pour chercher la performance, le patron du groupe Primonial rappelle qu’il n’y a guère d’autres choix à opérer que celui de diversifier son contrat. Et ce, dans la mesure où, rappelle-t-il, “le rendement sans risques, liquide, tous les jours, garanti en capital n’existe pas, n’existe plus”.

Faut-il donc tabler sur une fin annoncée du tout fonds euros dans les contrats d’assurance vie? Bernard Le Bras, président du directoire de Suravenir, en a la conviction. “Le tout fonds euros, en tous cas, c’est la fin. Ce n’est sûrement pas un bon conseil [que de miser exclusivement dessus] à donner aux clients”, admet-il. Et de conclure: “Parce que ça veut dire des rendements qui seront forcément très faibles. Ça veut dire, peut-être, l’abandon des caractéristiques majeurs du fonds euros”.

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