Pourquoi les groupes européens sont peut-être sous-cotés en Bourse en ce moment

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(BFM Bourse) – La sous-performance structurelle des indices européens face à Wall Street n’est plus à démontrer: croissance désespérément maigre, sous-exposition au numérique et divisions politiques incitent logiquement les investisseurs à sous-pondérer l’Europe. Pourtant, certains secteurs méritent qu’on s’y intéresse, indique Barclays.

Tout ne va pas si mal sur le Vieux Continent ! De longue date, les marchés européens font figure de « pièges à valeur » (« value trap ») étant donné une performance inférieure aux indices américains et mondiaux au cours de sept des dix dernières années, pour des raisons largement ressassées.

Sans dénier ces facteurs défavorables, Barclays estime toutefois que bon nombre d’éléments négatifs sont aujourd’hui intégrés au cours des valeurs européennes, alors qu’il convient de ne pas ignorer les vents favorables. « L’environnement fondamental apparaît morose, mais les valorisations reflètent déjà une bonne dose de négativité », souligne la banque britannique. La valorisation (via le ratio cours/bénéfices ou PER) des actions est en Europe en moyenne inférieure d’un écart-type à celle des actions des Etats-Unis, à 13 fois les bénéfices attendus (12,4 fois pour l’Eurozone seulement) contre 16,2 fois les bénéfices pour les titres américains (et 14,8 fois en moyenne au niveau mondial). Ce niveau de PER en Europe semble faible que ce soit par rapport à l’historique que relativement à la valorisation des obligations.

La consommation et l’investissement résistent bien

En outre, sans être enthousiaste envers les perspectives de croissance de l’Europe, Barclays souligne que l’activité pourrait avoir atteint un point bas dans la mesure où les principaux moteurs font finalement preuve de résistance, que ce soit l’investissement ou la consommation des ménages. En outre, après une décennie d’austérité les politiques budgétaires tendent vers un biais plus expansif en Allemagne, en France, en Italie et au Royaume-Uni. Et bien qu’élevés par rapport à d’autres régions, le taux de chômage de la zone euro est proche d’un plus bas niveau cyclique.

Le bureau d’études ajoute que les conditions financières demeurent favorables, alors que la BCE n’est pas pressée de relever ses taux et pourrait redonner un coup de fouet au crédit via un nouveau TLTRO (opérations ciblées de refinancement de long terme).

Enfin, l’effet de change est en train de redevenir avantageux pour l’économie européenne vu la baisse de l’euro face au dollar. Barclays souligne en outre que les prévisions d’analystes commencent à refléter ce changement de parité. D’ailleurs, la proportion des entreprises ayant excédé les attentes des analystes tend à progresser au titre du dernier trimestre 2018, alors qu’elle a diminué outre-Atlantique.

Attendre un apaisement politique en Europe ?

La banque n’oublie pas que l’Europe reste largement à la merci des développements politiques, que ce soit vis-à-vis du Brexit, du budget italien ou des violences en France. Si la situation reste « variable » sur ces fronts, cela ne signifie pas qu’elle va forcément se détériorer. Un apaisement des incertitudes politiques offrirait clairement un soulagement au sentiment économique.

Dans ce contexte, Barclays prône une pondération neutre entre les actions européennes et américaines, en favorisant en particulier les secteurs de l’énergie, des matières premières et du luxe du Vieux Continent. Sans oublier les financières, envers lesquels les investisseurs sont trop pessimistes, selon le bureau d’études.

Guillaume Bayre – ©2019 BFM Bourse

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